L’Allemagne continuera de soutenir le Mali et la MINUSMA en dépit de sa décision de se retirer de la mission onusienne en 2024, a rassuré son diplomate Dietrich Pohl basé dans notre pays, le vendredi dernier.

 

« L’Allemagne ne tournera pas le dos au Mali », a affirmé le diplomate allemand, ce 25 novembre, lors d’une conférence de presse. Son pays envisage de se retirer militairement de la MINUSMA en mai 2024 après 10 ans d’engagement dans la mission onusienne.
« On n’était pas venu pour rester pour toujours. C’est un travail qui doit être achevé à un moment », a déclaré Dietrich Pohl, précisant cependant que l’appui de l’Allemagne au Mali et à la MINUSMA ne sera pas affecté.
« Notre appui financier en faveur le Mali va se poursuivre. L’Allemagne est prête à accompagner le Mali, à poursuivre sa coopération et son soutien dans de nombreux domaines », a affirmé M. Pohl.
De même, a-t-il rassuré l’engagement de son pays en faveur de la mission onusienne dans notre pays restera intact, tout en soulignant que l’Allemagne est un grand partenaire du fonds fiduciaire de la MINUSMA.
Pour lui, la décision du retrait des soldats de son pays du Mali prise lors d’une réunion de haut niveau qui attend d’être validée par le parlement de l’Allemagne honore le calendrier politique de la Transition malienne.
En effet, en juin dernier, sous la pression de la communauté internationale dont la CEDEAO, les autorités de la transition ont pris l’engagement de tenir la présidentielle en février 2024 pour le retour à l’ordre constitutionnel.
« Cette décision est un signe de respect pour les décisions maliennes et les besoins des Maliens. On a bien compris cela…. Le contexte des élections est crucial pour le Mali en vue du retour à l’ordre constitutionnel (…). C’est le moment où le Mali a besoin de l’accompagnement de ses partenaires », a indiqué le diplomate allemand.
« On a vraiment voulu honorer la confiance entre nos deux pays. On a voulu être un partenaire constant et fiable », a ajouté M. Dietrich Pohl.
Selon lui, en annonçant ce retrait à 18 mois de son échéance cela permettrait au Mali et à la MINUSMA de prendre les dispositions pour combler le vide.
« On a voulu une base pour une meilleure planification. C’est un délai substantiel. Cette annonce s’inscrit dans une approche très constructive. Ce temps permettra aux partenaires de trouver des alternatives », a-t-il soutenu.
Au sein de la MINUSMA, ils sont plus d’un millier de soldats allemands basés à Gao dans le cadre de la mission de stabilisation de notre pays où depuis 2012 des groupes terroristes imposent leur diktat à la population.
L’annonce de ce retrait intervient dans un contexte où le bilan de la MINUSMA est jugé mitigé par certains.
« Pour nous, c’est une mission accomplie. On n’a fait beaucoup de travail pour le Mali, contribuer à la sécurisation d’une partie du territoire malien. On doit aussi être clair pour dire que le travail n’est pas fini », a rétorqué M. Dietrich Pohl.
Certes, l’Allemagne a été le premier pays à reconnaître l’indépendance du Mali, mais entre les deux, les relations n’ont pas été tendres récemment, notamment sur la question de la rotation des contingents allemands et l’affaire des soldats ivoiriens.
« Il faut un minimum de cadre pour permettre à la mission d’évoluer. Un dialogue est acquis sur le cadre de mobilité des soldats en termes de transports, surtout aériens. Si on veut réussir une mission, il faut avoir un cadre nécessaire pour cela. On va conduire ce dialogue. On a l’impression que les positions sont bien comprises », a déclaré le conférencier, tout en annonçant la visite de la ministre de la Défense allemande, Christine Lambrecht, à mi-décembre au Mali, pour poursuivre les échanges avec les autorités de la transition.
Outre l’action militaire, l’engagement de Berlin va s’accroître dans le domaine humanitaire. De façon générale, le portefeuille pour maintenir cette assistance sera porté à 2000 milliards de FCFA. Un montant multiplié par 20 dans ce domaine au Mali depuis 2012.

PAR SIKOU BAH

Source : Info-Matin