Le président de la République du Sénégal, président en exercice de l’Union africaine, Macky Sall est attendu à Bamako ce lundi 15 août 2022. Même si aucune information n’a filtré sur les objectifs de cette visite, elle intervient à un moment où il y a de vives tensions entre le Mali et la Côte d’ivoire ; la suspension, par l’Allemagne,  “jusqu’à nouvel ordre” de la majeure partie de ses opérations militaires au Mali dans le cadre de la Minusma ; …Toutes ces questions seront-elles évoquées au cours de cette visite ?

Le président de la République du Sénégal, président en exercice de l’union africaine  est attendu ce matin dans la capitale malienne.  Pour la première depuis la prise du pouvoir par le colonel Assimi Goïta, cette visite de Macky Sall, intervient à un moment où le Mali traverse certaines difficultés avec certains pays voisins , notamment la Côte d’ivoire et certaines organisations.

Quels sont les objectifs de cette visite du président de l’Union africaine au Mali ?  Aucune information n’a filtré dans ce sens pour le moment. Mais l’on pourrait penser que les deux chefs d’États pourraient évoquer certaines questions phares, notamment les difficultés entre le Mali et la Côte d’Ivoire, la question de la suspension du Mali de G5 sahel, et les relations entre le Mali et la Communauté internationale, notamment sur la question de la Minusma, surtout avec la suspension, par l’Allemagne, de la majeure partie de ses opérations militaires au Mali.

Tentions Mali-Côte d’Ivoire

Même si les autorités des deux pays se sont engagées à résoudre la question dans l’amiable, les tensions sont vives entre le Mali et la Côte d’Ivoire suite à l’entrée, sans raisons ni autorisation, au Mali de 49 soldats ivoiriens puis de l’interpellation par les autorités de la Transition. Ces 49 militaires, il faut le rappeler, ont été qualifiés de ‘’mercenaires’’ par les autorités maliennes. Du côté de la Côte d’Ivoire, les autorités ont nié l’illégalité de la mission de ces militaires et ont demandé leur ‘’libération sans condition’’.

Malgré les deux positions opposés au début, les autorités des deux pays ont opté pour  la voie du dialogue pour résoudre la crise. C’est ainsi que le Président de la République du Togo a été sollicité pour la médiation. Au cours d’une rencontre de négociation à Lomé entre responsables maliens et ivoiriens, le Mali a posé trois conditions. Elles sont, entre autres :  que le gouvernement de la Côte d’Ivoire reconnaisse ses responsabilité et exprime et ses regrets suite au déploiement de militaires au Mali « sans cadre légal, sans notification et concertations préalables avec les autorités maliennes » ; que la Côte d’Ivoire s’engage à œuvrer pour ramener la et la concorde entre les deux pays ; qu’elle s’engage au respect de la souveraineté du Mali du et des règles et procédures établies pour l’envoi de force militaires en territoire malien.

Les peuples maliens et ivoiriens souhaitent, eux aussi, la gestion à l’amiable de ce dossier. « Nous, Opérateurs Économiques Maliens, et Présidents de plusieurs Associations de la Société Civile Malienne de Côte d’Ivoire encourageons vivement les Autorités au plus haut sommet de l’Etat de la Côte d’Ivoire et du Mali à tout mettre en œuvre pour le règlement pacifique par voie Diplomatique de ce différend, pour le bonheur et la satisfaction des deux Peuples frères unis par des liens multiséculaires de solidarité, d’hospitalité et de fraternité », a indiqué Haidara Moulaye, président du Haut conseil des maliens de Côte d’Ivoire.

Il est donc fort probable que le président de l’Union africaine, président d’un pays membre de la CEDEAO, d’un voisin du Mali et de la Côte d’Ivoire, évoque cette question avec le président Assimi Goïta et plaider pour la résolution négociée de cette crise.

Cette visite intervient aux lendemains de la suspension, par l’Allemagne, de la majeure partie de ses coopération militaires avec le Mali dans le cadre de la Minusma. Selon nos confrères de l’agence Anadolu, «en février 2022, le Président sénégalais, Macky Sall, avait exhorté la république fédérale d’Allemagne à maintenir ses troupes au Mali, pays en proie à une grave crise sécuritaire lors d’un point de presse conjoint avec son homologue allemand, Frank- Walter Steinmeier, en visite au Sénégal ». Cette question sera-t-elle évoquée ?

Suivant la CEDEAO, l’union africaine avait suspendu le Mali. Cette visite intervient aussi quelques semaines après la levée des sanctions. Les autorités maliennes accélèrent, depuis des semaines, les réformes politiques et institutionnelles. Le président de la Transition fera-t-il le point de toutes ces avancées au président de l’Union africaine ? En tout cas, c’est important de le faire pour rassurer l’union africaine de la volonté des autorités maliennes de respecter la durée de la transition.

Boureima Guindo

Source: LE PAYS