Tel l’éléphant au pied cassé dans une usine de porcelaine, le concept de « gouvernance de rupture » a fait irruption dans nos croyances politiques à l’occasion des évènements qui ont précédé le depart du Président IBK du pouvoir. Sans trop en connaître le contenu, les maliens ont repris, en chœur, ce concept comme une panacée aux maux de la République. Rupture oui, mais rompre avec quoi ?

Le Premier ministre Choguel K. Maïga, dans sa prestation devant le CNT, n’a pas manqué de vanter les mérites de la bonne gouvernance, en promettant entre autres de réduire le train de vie de l’Etat et de gouverner par l’exemple. Seulement, autant dans la forme que dans le fond, la rupture semble n’être qu’une rethorique qui colle à la peau du leader politique qui s’en convainc par une sorte de méthode coué.

Nous soulignions que la réduction du train de vie de l’Etat, ne se concevait pas quand le premier acte du premier ministre, à sa nomination, a été de changer tous les meubles de son bureau. Il est tout autant plausible de dire qu’on ne va pas réduire le train de vie de l’Etat en entamant de grandes tournées politiques dans les régions avec des cortèges à perte de vue. Il nous est encore loisible de souligner que la réduction du train de vie de l’Etat aurait dû se sentir quand la réduction des équipes autant de la Primature que des départements ministériels, où certains chargés de mission ou encore de conseillers se tournent les pouces, à force de n’avoir rien à faire.

La rupture est en villégiature depuis que la transition a été effective entre le statut de militant stratégique du M5 et celui d’homme aux commandes. En effet, la rupture, aujourd’hui dans le schéma malien, c’est de faire ce qui est promis. Ce qui a été promis, si le rappel s’en trouve utile, c’est que le Mali serait un Etat de droit. Bah N’DAW et Moctar Ouane, ne peuvent en dire autant en cet instant. L’agresseur présumé du Président de la Transition, mort en détention, ne peut en attester. Les victimes des terroristes dans le centre du pays, ne peuvent encore y croire. Pire, ces nombreuses victimes de l’accident meurtrier de la semaine dernière n’e’ voient pas le bout d’un commencement.

La rupture, c’est arrêter d’infantiliser les maliens en pensant qu’il leur faut 36 émissions de télévisions et de radios pour comprendre le PAG, pour se convaincre qu’il n’y a pas d’agenda caché derrière les Assises de la refondation et surtout pour s’apercevoir que des concepts flous sont jetés dans le débat public sans fond ni profondeur.

Après la rupture, il nous faudra nous intéresser à la refondation (traduit par Mali koura par des esprits malins) pour savoir, assez rapidement, c’est encore un concept vide de sens. Mais ça, ce n’est pas pour maintenant.

Yacouba KEBE

 

Source: Bamakonews

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Tel l’éléphant au pied cassé dans une usine de porcelaine, le concept de « gouvernance de rupture » a fait irruption dans nos croyances politiques à l’occasion des évènements qui ont précédé le depart du Président IBK du pouvoir. Sans trop en connaître le contenu, les maliens ont repris, en chœur,...