Le mardi dernier, le Premier ministre, Choguel Kokalla MAIGA, a obtenu l’exequatur pour son Programme d’Action Gouvernemental (PAG), dont la mise en œuvre coûtera 2 050 milliards de F CFA étalés sur deux exercices budgétaires, avec une contribution de 10 à 15% des partenaires du Mali.

 

Face à ce budget que d’aucuns, à tort ou à raison, jugent onéreux, c’est une enveloppe de 2 300 milliards F CFA que demande le ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau, Lamine Seydou TRAORE, pour les besoins d’investissements dans les infrastructures électriques. C’était au cours d’une conférence de presse animée le jeudi 15 avril dernier, au plus fort des délestages et coupures sauvages d’électricité qui mettent annuellement en rogne les Maliens.
En outre, pour essuyer la bave de colère à la commissure des lèvres des différents syndicats qui sont dans une séquence offensive, il va falloir à l’Etat casquer rubis sur ongle 1 400 milliards F CFA, selon des sources autorisées. Ce, alors que les prévisions de recettes budgétaires pour l’exercice 2021 s’élèvent à 2.155 milliards 161 millions de F CFA. Il faut rappeler un déficit budgétaire global de 652 milliards 927 millions de F CFA financé par les ressources provenant des aides budgétaires extérieures et par la mobilisation de l’épargne.
Dans ce méli-mélo, il y a certainement beaucoup de mauvais sorts à conjurer qui feront appel aux incroyables reflexes de sa Suprême tigrerie.
Pour cela, il va lui falloir ramener la moyenne au total pour sortir des bizarreries financières. Parce que les investissements dans les infrastructures électriques ne peuvent pas dépasser le budget de l’Etat (2 300 milliards sur 2 155 milliards FCFA) et que plus de 50% du budget ne sauraient être alloués à la satisfaction de la demande sociale, d’autant plus que la masse salariale ne devrait pas excéder les 30% du budget annuel. Cette ‘’thérapie’’ nécessitera une acrobatie financière de haut vol pour laquelle il peut compter sur son ministre de l’Economie et des finances dont la réputation ne semble pas surfaite ; et une capacité de persuasion des partenaires sociaux et de la verve politique irréfragables.
Mais, si le Conseil National de la Transition (CNT) outrageusement laudateur a été affriolé, néanmoins le discours est parfois un peu light.
‘’Négocier un moratoire avec les partenaires sociaux de l’éducation en mettant en place un cadre de concertation régulier’’. ‘’De façon plus spécifique, le gouvernement procèdera à : la redynamisation du cadre permanent de concertation avec les partenaires sociaux afin d’obtenir un moratoire sur toutes les revendications d’ordre corporatiste ; l’implication des personnes ressources, y compris les leaders religieux, à la prévention et à la résolution d’éventuels conflits sociaux entre le gouvernement et les partenaires de l’école’’. Cette thérapie tend indubitablement vers une incantation, avec une sollicitation programmée des leaders religieux pour la résolution des problèmes syndicaux (comme toujours d’ailleurs). Or, comme on le dit en bambara : ‘’wari de be wari ko nyenabo’’. Il faut des sous pour régler les problèmes de sous, pas des chapelets et un catalogue de bonnes intentions.
Il est donc impératif de faire bonne figure en veillant à ce que les espoirs suscités ne s’effilochent pour terminer en sac de nœuds, alimentant à nouveau la défiance envers le Gouvernement. Pour cela, il faut rétablir l’équilibre financier et sortir des incantations qui ne font plus florès. Le PM devrait disposer de toutes les ressources nécessaires pour relever ce challenge.

PAR BERTIN DAKOUO

Source : Info-Matin

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Le mardi dernier, le Premier ministre, Choguel Kokalla MAIGA, a obtenu l’exequatur pour son Programme d’Action Gouvernemental (PAG), dont la mise en œuvre coûtera 2 050 milliards de F CFA étalés sur deux exercices budgétaires, avec une contribution de 10 à 15% des partenaires du Mali.   Face à ce budget...