A peine quelques mois seulement après la disparition de son fondateur et président – dont le fauteuil reste encore vacant -, l’Union pour la République et le Démocratie affiche déjà les signaux d’un lourd héritage. En cause, une bataille sans concession de leadership sur fond d’ambitions présidentielles où les figures historiques du parti sont tous étrangement relégués au profit de tendances allogènes. Les protagonistes de la bataille sont en effet tous des arrivants dont le dernier en date a adhéré au parti il y a seulement une dizaine de jours à Djenné. Il s’agit de Boubou Cissé dont l’adhésion inspiré un vicieux comité d’accueil exprimée par une manifestation d’hostilité, sans doute à la grande satisfaction de ses rivaux. Au nombre desquels figure un autre nouvel arrivant et prétendant sérieux au leadership de l’URD, en la personne de l’ancien ministre de l’Economie et des Finances, Mamadou Igor Diarra. L’arrivée des deux poids lourds intervient tel un cheveu dans la soupe du plus ancien parmi les prétendants allogènes au leadership du parti de la Poignée de Mains. Me Demba Traoré, il s’agit de lui, est aussi cet ancien responsable et élu du CNID ayant atterri dans a l’Urd dans le sillage de la bataille de succession d’ATT. Autant dire que la légitimité historique n’est pas le critère qui va départager les protagonistes, qui gagneraient plus à prendre langue au risque de transformer l’héritage de Soumaìla Cissé en instrument sans utilité pour aucune des tendances.

Le combat de l’enrichissement illicite aux calendes

L’Office Central de Lutte contre l’Enrichissement Illicite n’aura probablement pas résisté à ses failles et lacunes congénitales. En proie aux dénonciations et contradictions qui la rendent inopérant depuis son avènement, l’ultime coup de grâce vient de lui être porté par l’accord de sortie de crise à laquelle sont récemment parvenues l’Untm et les autorités de la transition. Le pouvoir a en effet fini par courber l’échine devant les exigences de la centrale syndicale en rapport avec la stigmatisation des agents de administration comme cibles potentielles de la machine de lutte contre l’enrichissement illicite, parmi tant d’autres catégories socioprofessionnelles. Avec un accord qui soustrait les administrateurs à l’obligation de déclaration de leurs biens, l’OCLEI n’a visiblement plus sa raison d’être et se voit rattrapé par les insuffisances et failles des textes qui le régissent. Sur lesquelles l’UNTM et même les partenaires internationaux avaient alerté, en dénonçant une sélectivité évidente de la loi au profit de corporations comme les magistrats ou encore les élus, etc.

Le CSP ou l’aveu d’impuissance de Bamako

«Comité Stratégique Permanent». C’est la nouvelle formule qui rythme actuellement l’occupation quotidienne des groupes armés du Nord-Mali et capte leurs intérêts. Et pour cause, le nouvel outil ne vise pas seulement à poser les jalons d’un développement harmonieux du septentrion, en œuvrant pour la paix intercommunautaires et la stabilité. Il recèle également de la matière à moudre, puisqu’il pèse plus d’une dizaine de milliards consentis par le système européen d’appui aux initiatives de base.

Son avènement est parti d’une certaine rencontre bilatérale entre les leaders d’anciens mouvements séparatistes et un certain organe de l’Union européenne en Italie. Quoiqu’initiée dans le dos des autorités de la Transition, celles-ci n’ont ménagé aucun effort pour accompagner la démarche en mobilisant le ban et l’arrière-ban dans la capitale l’Azawad où les drapeaux maliens sont absents. Pas moins d’une demi-dizaine de membres du gouvernement ont ainsi défilé à Kidal pour apporter la caution gouvernementale au processus. La mobilisation d’officiels maliens pour la circonstance, selon le ministre de la Réconciliation nationale, se justifie par le fait qu’on ne peut parler de paix sur le territoire malien sans associer les hôtes autorités. Or la rencontre découle de démarches diplomatiques menées auprès de l’Union européenne par Bilal Ag Acherif et compagnie sans y associer les autorités maliennes. Une posture qui devrait logiquement inspirer aux pouvoirs de la Transition la même protestation que celle exprimée contre les officiels nigériens.

Quand l’Adema libère ses militants de l’omerta

Le Parti Africain pour la Solidarité et la Justice s’est finalement résolu à épouser l’air du temps. Naguère muselés par une règle d’omerta digne d’une époque soviétique, les militants du PASJ ont récemment recouvré leur liberté d’expression. Les restrictions, selon nos sources, ont été levées à la faveur d’une récente rencontre du directoire et à l’issue de laquelle tous les militants de l’ancien parti majoritaire sont autorisés à parler publiquement au nom du parti. En clair, chaque Abeille peut librement s’exprimer et défendre les positions de l’Adema dans les médias et sur s’autres espaces publics sans risque de s’exposer à des mesures disciplinaires. Il nous revient de même source qu’il leur est demandé toutefois de se référer, pour ce faire, aux principes et lignes directrices conçus par le directoire et disponibles au secrétariat permanent. Il faut dire que longtemps durant les militants de l’Adema ont été pénalisés par des restrictions disciplinaires qui les privaient de toute possibilité d’opiner même pour défendre les intérêts de leur famille politique. La levée de la mesure a été somme toute bien accueillie par une jeunesse Ademiste quia hâte d’envahir les réseaux sociaux pour rattraper le temps perdu dans le silence.

 

 

Source: Le Témoin

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A peine quelques mois seulement après la disparition de son fondateur et président – dont le fauteuil reste encore vacant -, l’Union pour la République et le Démocratie affiche déjà les signaux d’un lourd héritage. En cause, une bataille sans concession de leadership sur fond d’ambitions présidentielles où les...