Au Mali, les élections présidentielles, la signature d’un accord préliminaire avec les groupes rebelles qui occupent Kidal, le déploiement des soldats onusiens…demeurent des sujets qui occupent toutes les attentions. Et dans l’entretien qui suit, Mahamane Mariko, ancien leader estudiantin, président du mouvement politique Cadre de Réflexion et d’Action des Jeunes (C.R.A.J), livre son point de vue, sans fioritures.

 

 

Mahamane  Mariko

Mahamane Mariko

Que pensez-vous des élections que les autorités maliennes de transition ont prévues de tenir le 28 juillet prochain?

°

 Ces élections constituent une étape du processus enclenché par la soi-disant communauté internationale au Mali suivant un calendrier établi pour les maliens, mais sans l’avis des maliens. Le Président Français François Hollande a dit qu’ « ils » seront intransigeants sur la date de la tenue des élections au Mali.

 

 Vous croyez qu’elles pourront se tenir à cette date?

 

Puisque les maliens n’ont pas le choix, cette date s’impose à eux. Le statut actuel du Mali mérite d’être redéfini, je me pose la question si le pays est toujours souverain.

 

 

Êtes-vous de l’avis selon lequel ces élections ne sont pas opportunes?

Je vous avoue qu’au Mali on ne sait plus qui est qui et qui représente quoi. Les tireurs de ficelles ont juste donné quelques rôles essentiels à des gros pantins. Puisque tout est flagrant, il faut maquiller tout cela par des soi- disant élections. La suite est connue, on aura à faire avec des autorités légitimes et légales.

 

Les négociations à Ouaga entre le gouvernement de transition et les groupes rebelles ont connu une issue. Selon vous, le gouvernement devrait-il accepter  de dialoguer avec des gens contre lequel il a lance des mandats d’arrêt ?

Ces négociations sont absurdes et contradictoires. Mais puisque c’est un cirque auquel on assiste et  les acteurs le joue très bien en donnant l’impression de tenir bien les rôles devant le metteur en scène. Je vous assure sinon que tout est ficelé en avance. La France qui se proclame pays de liberté, de justice bref de démocratie a créé le MNLA, l’a armé et a cautionné tous ses crimes.

Aujourd’hui, cette France nous distrait en se portant comme le sauveur de la Nation malienne. Je trouve souvent que le jeu est cynique et immoral.  Je pense que c’est aux maliens d’ouvrir les yeux et de savoir dans toute cette situation leur intérêt sinon la France sait ce qu’elle veut; nous, on dort, on a rien compris dans les rapports inter-états.

 

 Que peut faire le Mali pour lui même aujourd’hui?

Le Mali est victime du concept de la démocratie, ceux qui doivent être passés aux poteaux pour haute trahison crient en victime du coup d’état du 22 mars 2012 (je voudrais qu’on me donne la date des élections qui ont balayé Bozizé de la Centrafrique).

Ils ont ameuté le peuple avec des concepts vides : embargo, suspension, etc. Il faut qu’on prenne conscience sinon rien ne sera possible. Nous avons renoncé à l’indépendance du 22 septembre acquis au prix d’âpres luttes en ne comptant toujours que sur les autres et leurs aides de poison. Mais  l’espoir demeure car certains jeunes ont compris et sont prêts pour la lutte. Il faut repenser le Mali sur le plan de l’éducation, la santé et surtout l’autosuffisance alimentaire.

 

Les soldats de la Minusma doivent être déployés dans les jours à venir. Mais vous pensez que la situation malienne requiert une présence des casques bleus?

 

Le schéma vient d’ailleurs, ils vont le mettre en application avec leurs moyens et leur intelligence. Les enjeux sont le nord du Mali.

 

Propos recueillis par Boubacar Sangaré 

MaliwebPolitique
Au Mali, les élections présidentielles, la signature d’un accord préliminaire avec les groupes rebelles qui occupent Kidal, le déploiement des soldats onusiens…demeurent des sujets qui occupent toutes les attentions. Et dans l’entretien qui suit, Mahamane Mariko, ancien leader estudiantin, président du mouvement politique Cadre de Réflexion et d’Action des...