Après la promulgation de la nouvelle loi électorale par le président de la transition, le Colonel Assimi Goïta, la semaine dernière, de nombreux débats et de désaccords se sont soulevés entre le Gouvernement et le Conseil national de transition. Me Cheick Oumar Konaré s’inquiète.

 

L’adoption de cette nouvelle loi électorale par le Conseil national de transition et sa promulgation par le président de la transition, Assimi Goïta, continue de faire couler beaucoup d’encre et de salive au sein de l’opinion nationale. Le désaccord se situe à plusieurs niveaux. De la société à certains acteurs politiques, cette nouvelle loi électorale sème une grosse incompréhension. Les débats sur les chaînes privées sont quelque peu tendus. Il faut dire sans risque de se tromper que des divergences d’idées s’installent.

Me Cheick Oumar Konaré, avocat de son État, est intervenu pour exprimer son opposition à l’adoption de cette loi.  Il déduit que les militaires au pouvoir veulent s’approprier tout le pouvoir. « J’en déduis que les militaires, qui ont la réalité du pouvoir, ont décidé de doter le pays d’une loi qui ne laisse aucune chance à un autre acteur qu’eux-mêmes à organiser les élections », a-t-il laissé entendre. Pour lui, la conséquence sera que les futurs élus seront ceux de l’administration territoriale.

Il a ajouté que ceux qui applaudissent aujourd’hui cette loi seront les premiers à pleurer demain, et on ne va surtout laisser pleurer parce que l’objectif des réformes était de faire en sorte qu’un acteur extra-étatique, acteur indépendant puisse organiser les élections. ‘’Mais aujourd’hui, on applaudit une loi qui nous fait reculer plusieurs années en arrière et qui met l’élection entre les mains de l’administration. On applaudit cela simplement par hostilité envers la personne du Premier ministre », a regretté Cheick Oumar Konaré.

Par rapport à la promulgation de la loi, Me Konaré a expliqué que cela permettra au président de la transition de fournir un chronogramme à la Cedeao en vue de la levée de l’embargo. Cependant, il a exprimé une certaine crainte, une inquiétude pour une tentative de complot.

Pour lui, derrière tout cela, se profile aussi un complot, le complot de l’étranger tendant à obtenir à la faveur du désaveu du gouvernement, une démission du Premier ministre. C’est pour cela, il a précisé qu’une fois le Premier ministre aura démissionné, une crise institutionnelle va s’installer, le peuple va demander des comptes aux militaires, et on profitera de tout cela pour liquider tout ce qui a été réalisé pendant la transition. Il a toutefois salué le maintien du Premier ministre, et surtout de la décision de celui-ci de ne pas démissionner pour préserver l’essentiel et éviter la crise institutionnelle.

Me Konaré résume la situation en ces termes: « Le Gouvernement a proposé un Organe indépendant pour organiser les élections, et le CNT l’a rejeté aujourd’hui. C’est l’État, l’administration qui est chargée de le faire. »

Moriba DIAWARA

Source : LE COMBAT

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Après la promulgation de la nouvelle loi électorale par le président de la transition, le Colonel Assimi Goïta, la semaine dernière, de nombreux débats et de désaccords se sont soulevés entre le Gouvernement et le Conseil national de transition. Me Cheick Oumar Konaré s’inquiète.   L’adoption de cette nouvelle loi électorale...