On se souvient que le samedi 27 mars 2021, les locaux du Cabinet d’avocats de Me Kassoum Tapo avaient servi de cadre à un point de presse organisé et animé par Me Tapo lui-même. L’objectif de cette rencontre avec la presse était de faire véhiculer l’information selon laquelle, Me Tapo et certains citoyens maliens issus de l’Administration publique, de l’Université, du Secteur privé, des Communautés religieuses et Coutumières, de la Société Civile et de la Diaspora ont décidé de porter sur les fonts baptismaux, un regroupement sous l’appellation de ‘’Mouvement pour la Refondation du Mali’’ (MOREMA) et  ayant pour vocation de se transformer, à moyen terme, en parti politique.

 

En fait d’objectif, selon ses initiateurs,  le MOREMA se veut un cadre d’analyse, de réflexions et d’actions qui s’impose une éthique fondée sur le respect de la dignité humaine, la tolérance, la solidarité et plus globalement la recherche de l’intérêt général. Au cours de ce point de presse, Me Tapo a été, on ne peut plus clair, en expliquant que : « Le MOREMA aura pour mission de réunir l’intelligence collective, les savoirs et les compétences existants dans l’Administration publique, l’Université, le Secteur privé, au sein des Communautés religieuses et coutumières, la Société civile et la Diaspora autour des questions d’intérêt national en vue de la réussite de la transition au Mali et l’avènement d’un Mali nouveau. Ce sont essentiellement les événements de 2012 survenus au Mali qui ont révélé qu’il y a une crise structurelle, politique et économique dont les racines sont anciennes. La profondeur de cette crise avait été masquée par l’idée assez répandue que le Mali était un modèle de démocratie en Afrique. Ainsi l’exaspération de la crise a conduit en août 2020, à la fin du régime démocratiquement élu en 2018 et ouvert la voie à une transition dont la durée a été fixée à 18 mois. Aujourd’hui, il serait impérieux d’engager un véritable processus de refondation de la Nation, impliquant toutes les communautés maliennes et tous les groupes socio-professionnels suivant une démarche qui construit, de la base vers le sommet, les raisons de vivre ensemble, les valeurs fondatrices du Mali et les perspectives pour son avenir. Il est plus qu’impérieux que tous les citoyens maliens, conscients de la gravité de la situation, sans aucune distinction, s’engagent résolument pour réussir cette transition et définir ensemble, les bases d’une refondation démocratique de la nation… ».

Eh bien, une semaine après ce point de presse, le ‘’Mouvement pour la Refondation du Mali’’ (MOREMA) fut porté sur les fonts baptismaux. C’était le dimanche 4 avril 2021 au Palais des Sports de Bamako. En considération de l’ambiance qui a prévalu lors de cette cérémonie de ‘’baptême’’ et vu aussi la composition de l’auditoire, on pourrait être fondé à affirmer que le MOREMA de Me Kassoum Tapo aura de la peine à s’affirmer dans le microcosme politique malien.

Selon un confrère de la place, les 2/3 de l’auditoire, à l’occasion de cette cérémonie, étaient des jeunes acquis plutôt à la cause du CDR de Ras Bath

Et d’ailleurs c’est à Boubacar Yalcoué, porte-parole du CDR qu’est revenu l’honneur de prononcer les premiers mots de la cérémonie. Signalons que Me Kassoum Tapo, l’initiateur principal de MOREMA, est l’avocat de Ras Bath dans l’affaire dite de ‘’complot contre l’Etat’’. On voit donc le lien de cause à effet entre cette présence massive des militants du CDR à un évènement parrainé par l’avocat de leur leader. Outre les militants du CDR, on notait aussi, comme dans la plupart des rassemblements politiques sous nos cieux, une forte présence des adolescents, non encore politiquement aptes. Ce sont là les deux principaux courants (les militants du CDR et les adolescents) qui ont constitué l’auditoire à l’occasion de la cérémonie de baptême de MOREMA. A part deux principaux leaders de la nouvelle structure, à savoir Me Tapo et Chouala Bayaya, aucune autre personnalité du pays n’a assisté à ce rassemblement. Et pourtant Me Tapo a indiqué que toutes les personnalités du Mali y ont été invitées. Cela étant, on devrait alors se demander pourquoi ce rassemblement a été séché par tous les invités de marque ? Pour raison de cette indifférence affichée, le ressentiment que les populations éprouvent à l’endroit de la classe politique qui n’inspire plus confiance. Aussi dans le sérail politique, les dirigeants n’en finissent pas de se regarder en chiens de faïence, chacun ne cherchant à défendre que son propre intérêt. Dans une telle atmosphère délétère, le MOREMA attendra sûrement longtemps avant d’avoir voix au chapitre dans le microcosme politique sous nos cieux.

El Hadj Mamadou GABA

Source : Le Soir De Bamako

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On se souvient que le samedi 27 mars 2021, les locaux du Cabinet d’avocats de Me Kassoum Tapo avaient servi de cadre à un point de presse organisé et animé par Me Tapo lui-même. L’objectif de cette rencontre avec la presse était de faire véhiculer l’information selon laquelle, Me...