Le secrétaire général adjoint des Nations unies (ONU) pour les opérations de paix, le Français Jean-Pierre Lacroix, entame aujourd’hui à Bamako une visite de 48 heures dans le cadre de la revue du cadre stratégique de la MINUMSA. Un document de proposition du futur de la MINUSMA doit être présenté en janvier 2023 au Conseil de sécurité de l’ONU.

 

Le secrétaire général adjoint de l’ONU pour les opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix, arrive ce lundi 5 décembre à Bamako où il a déjà bouclé plusieurs missions dans le cadre de l’évaluation de la MINUSMA, à l’instar d’autres opérations de maintien de la paix dans le monde. Et surtout pour rapprocher le Mali et des pays contributeurs de troupes à la MINUSMA.
Ce lundi, il entame sa mission par une visite de courtoisie au ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale qui sera suivie d’une séance de travail avec la partie gouvernementale au ministère des Affaires étrangères.
Le lendemain, Jean-Pierre Lacroix doit s’entretenir avec le Premier ministre par intérim, Abdoulaye MAïGA, et avec président de la Transition, Assimi GOITA.
En effet, cette mission de deux jours s’inscrit dans le cadre de la revue stratégique de la MINUMSA, un rapport qui doit être présenté au Conseil de sécurité « au plus tard le 13 janvier 2023 ».
Ce document devra comprendre « des propositions concernant la future configuration de la MINUSMA, le niveau des effectifs et l’effectif maximum du personnel en tenue » en vue de pallier aux difficultés de mise en œuvre du mandat de la mission onusienne dans le pays.
Pour le Conseil de sécurité de l’ONU, qui a approuvé cette approche, les propositions devront reposer sur « une analyse détaillée des problèmes politiques et de sécurité ayant eu une incidence sur la capacité de la Mission de s’acquitter de son mandat », une évaluation de la coopération avec les autorités du Mali et des restrictions à la liberté de circulation, et des recommandations sur les conditions requises pour permettre à la MINUSMA de poursuivre ses activités, contribuer à l’amélioration de la situation politique et des conditions de sécurité et de s’acquitter de ses tâches, y compris la protection des civils « dans le strict respect des principes du maintien de la paix ».
Les autorités maliennes sont exhortées à « convenir, avant la fin du mandat actuel de la MINUSMA, d’une stratégie politique globale et inclusive » pour lutter contre les causes profondes et les facteurs des conflits violents, protéger les civils, réduire les violences intercommunautaires et rétablir la présence et l’autorité de l’État et les services sociaux de base dans le centre du pays, a invité le Conseil de sécurité.
Ainsi, cette mission est annoncée dans un contexte délicat où les défis de l’insécurité, de la protection des civils ne sont pas encore à la portée des Forces armées maliennes et de la MINUSMA. Malgré l’effectif cumulé de ces deux forces, les groupes armés terroristes continuent de sévir sans être inquiétés. Leur loi s’impose dans de nombreuses localités et leur influence s’intensifie dans les zones qui étaient jusque-là épargnées, notamment la région de Kayes.
La récente opération djihadiste dans cette région est la double attaque à Yélimani dans la nuit du mercredi revendiquée par le JNIM.
Le contexte, c’est aussi la frustration de certains pays contributeurs à la MINUSMA qui ont confirmé le retrait de leurs soldats de la mission onusienne. Il s’agit notamment de la France, de la Côte d’Ivoire, du Royaume-Uni, etc.

PAR SIKOU BAH

Source : Info-Matin