Alors que les relations entre le Mali et la France défrayent la chronique et qu’une frange de la classe politique milite contre la prolongation de la transition, le Dr Oumar Mariko, Président de Solidarité africaine pour la démocratie et l’indépendance (SADI) joue la carte du silence. Stratégie calculée ou pas ?

 

Mais où est donc passé le Dr Oumar Mariko ? Alors que l’actualité est meublée par de nombreux sujets sur lesquels il avait déjà réagi, le Président du parti SADI ne fait étrangement pas entendre sa voix. Les propos du Président français Emmanuel Macron à l’égard des autorités de la transition? Rien, alors même qu’il ne manquait pas d’occasion de tenir des mots durs à son égard. La probable arrivée de paramilitaires russes dans le pays? Rien, enfin presque. « Les autorités de la transition n’ont rien dit sur la question de Wagner.

Moi aussi je n’ai rien à dire, car rien n’est confirmé » a-t-il déclaré le 24 septembre dernier lors d’un débat public dans une radio. Concernant une probable prolongation de la transition, à laquelle de nombreux partis et regroupements sont déjà opposés, Mariko entretient le flou, « ni pour, ni contre ». Selon un analyste politique, ces non prises de position de celui qui a lutté au sein du M5-RFP contre IBK sont une manière de ne griller aucune carte et de voir venir. Mais, à l’intérieur de son parti, l’explication est tout autre. Il n’aurait tout simplement pas le temps, engagé actuellement à élargir l’implantation territoriale de son parti à travers le renforcement de ses structures et la formation des militants, affirme Nouhoum Keita, Secrétaire administratif de SADI. Ce dernier, qui dit parler au nom de Mariko, pense savoir qu’il est d’accord avec les actions menées en ce moment par les autorités.

« Nous ne sommes pas dans un parti où une seule personne a le monopole de s’exprimer et nous ne voulons faire de sorties dithyrambiques à l’égard des actes posés », tente-t-il d’expliquer. De fait, il les exhorte à en faire plus pour un nouveau Mali. Que les autorités en définissent mieux les contours lors des Assises nationales de la refondation, auxquelles SADI n’a pas encore confirmé sa participation.

« Nous sommes en train d’apprécier la situation. Nous réfléchissons sur ce que nous attendons de la rencontre et comment y arriver. En outre, nous étudions aussi le contenu réel et les termes de référence de ces assises. Après cela nous allons aviser », explique Nouhoum Keita. Des assises qui, pour de nombreux acteurs politiques, ne serviront qu’à « légitimer » une prolongation de cette période d’exception. « Que la transition soit longue ou courte, nous ce n’est pas notre préoccupation », s’exclame-t-on au sein du parti.

Pour Nouhoum Keita, l’essentiel est de faire en sorte que le pays puisse recouvrir la souveraineté « totale et entière » de son territoire et qu’il puisse décider lui-même de son avenir. « C’est sur cet aspect que nous focalisons le débat, non sur le fait de s’acharner à ce qu’il y ait des élections coûte et coûte », assure le Secrétaire administratif, qui demande aux autorités de transition de créer les conditions idoines « pour que les mêmes causes ne produisent pas les mêmes effets, qui ont fait que notre pays est affaibli aujourd’hui et ont permis à une élite corrompue de venir au pouvoir sur la base de fausses élections ».

« Pas contre Wagner »

Le discours du Premier ministre de la transition, Choguel Kokalla Maïga, aux Nations Unies le 25 septembre a entrainé une multitude de réactions. M. Keita le trouve « courageux » et cadrant avec leurs perspectives. « Depuis 2012, nous avons toujours été contre l’intervention des forces étrangères, en préconisant la solution entre Maliens par risque de voir imploser le pays ». Aujourd’hui, même si le parti souhaite toujours une solution de sortie de crise « autonome » entre Maliens, il n’est pas contre la volonté du gouvernement de transition de diversifier ses partenariats de défense – en clair contre la venue de la société militaire privée russe Wagner.

Aly Asmane Ascofaré

Source : Journal du Mali

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