La nouvelle loi électorale a maintenu le système du parrainage des candidats à la magistrature suprême du pays. Plusieurs prétendants au prestigieux palais présidentiel de Koulouba sont ainsi obligés de casser leur tirelire pour s’acheter la signature des représentants du peuple. Certains députés vont se frotter les mains… pour bien préparer les législatives.
deputes assemblee nationale mali bagadadjiSi le pluralisme intégral est plutôt signe de vitalité d’une démocratie, la grande multiplicité des candidatures à la magistrature suprême ne laisse pas indifférents les observateurs avertis de la scène politique. Mais le problème est qu’il ne suffit pas déclarer sa candidature pour être inscrit parmi les prétendants au fauteuil présidentiel. Il faut remplir certaines conditions. Parmi celles-ci, la loi électorale inclut le parrainage.  Il s’agit du soutien traduit par la signature de 10 députés ou 5 conseillers par région.

 

En effet, au terme de la loi électorale, notamment l’article 147 (Nouveau) : « La déclaration de candidature doit mentionner les noms, prénoms, profession, domicile, date et lieu de naissance du candidat. En outre, le candidat doit indiquer la couleur pour l’impression de son bulletin. Chaque déclaration doit recueillir la signature légalisée d’au moins dix députés ou cinq élus communaux  dans chacune des régions  et du district de Bamako. Un élu ne peut soutenir plus d’un candidat. Les modalités d’application du soutien aux candidats sont fixées par décret pris en conseil des ministres ».  En clair, celui qui prétend diriger le Mali doit pouvoir prouver qu’il a la caution morale de dix députés à l’Assemblée nationale, dignes représentants du peuple ou de quarante Conseillers communaux dont 5 dans chaque région. Mais avec la situation actuelle où l’on peut difficilement se procurer les signatures des conseillers de la région de Kidal, la plupart des candidats jettent leur dévolu sur l’Hémicycle pour trouver les précieux sésames.

 

Ce qui n’empêche pas de s’interroger aujourd’hui sur la manière dont certains prétendants au fauteuil présidentiel arriveront à se faire parrainer. A l’analyse, certains de nos candidats putatifs pourraient se livrer à un véritable one man show pour avoir été écarté de la course à la magistrature suprême faute de parrainage.

 

Ce sont ces candidats qui tympaniseront l’opinion qu’ils ont été victimes d’une élimination prononcée par le juge constitutionnel sans laquelle ils auraient atteint leur objectif : se faire élire à la présidence de la République !

 

Toutefois, avec le grand besoin de moyens financiers chez les élus nationaux et surtout les élus locaux en cette veille des échéances électorales (les législatives de novembre ou décembre 2013 et les communales de 2014), certains députés et conseillers communaux ont choisi de vendre simplement et au plus offrant leurs signatures de parrainage.

 

Ainsi, il nous est revenu que les candidats issus de partis politiques n’ayant pas de députés sont démarchés en douce par certains parlementaires qui leur proposent leurs signatures. Les prix proposés tourneraient autour de 10 millions F CFA à discuter. Des députés d’un parti (ayant une quinzaine) et qui n’a pas de candidat à la présidentielle seraient en négociations avec un candidat, ancien Premier ministre pour conclure ce juteux marché. D’autres seraient contactés par un candidat ancien Conseiller d’un ancien président de la République.

 

Par ailleurs, certains candidats dont le groupe parlementaire n’atteint pas l’effectif de 10 députés sont en train de négocier un complément de signatures auprès des groupes parlementaires les plus fournis comme l’URD, l’ADEMA, le PDES. Ainsi, l’Assemblée nationale serait devenue une véritable foire de négociations à propos des précieuses signatures de nos…dignes représentants.

Bruno D SEGBEDJI