Présentée comme cruciale pour l’avenir de notre pays, la nouvelle loi électorale continue de faire couler beaucoup d’encre et de salives.

Fakara Moussa Balla Diabaté, fonctionnaire

Beaucoup de gens font la confusion entre le travail du CNT, qui est l’organe législatif, et celui du gouvernement. Concernant la loi électorale, il était normal que le CNT fasse son travail d’amendement. Le fait que beaucoup de citoyens aient considéré le travail du CNT comme un affront pour le gouvernement, est une erreur. Mais cette erreur est alimentée par certains politiciens. Il faut qu’on sorte de cela. Que certains hommes politiques fassent appel à des lobbies des réseaux sociaux, c’est-à-dire les vidéo men, pour s’opposer au travail d’un autre organe… cela n’est pas bon pour le pays. Il faut y mettre fin.

 

Hamza Aboubacar Maïga, transitaire

 Selon moi, les conseillers du CNT ont carrément humilié le gouvernement en apportant 92 amendements au projet de loi Choguel. C’est pourquoi, ils ont demandé au Président de la transition de ne pas promulguer la loi électorale amendée. A mon humble avis, le Président a pris la défense du CNT dans cette affaire. Ce qui ne va peut-être rien arranger entre le gouvernement et le CNT.

 

Abdel Aziz Wellé, programmeur informatique

Bravo à la sagacité du CNT qui a su garder le raisonnement infaillible pour déjouer une tentative de détournement des élections prochaines par le PM et son clan. Arrêtons de semer des polémiques sans raison d’être. Choguel voulait se servir de son projet de loi pour remettre son MPR en selle et s’assurer à titre personnel un avenir politique dans l’après-élection. Le chef de l’Etat s’est comporté en homme d’Etat décisif et républicain en promulguant la loi électorale.

 

Mme Yalcoué Aoua Guindo, Sage-femme

Je pense que la promulgation en elle-même fait référence à l’organisation des élections présidentielles et législatives. Un sujet dont les Maliens ne veulent pas entendre parler, du moins, pas avant que la sécurité ne soit garantie sur l’ensemble du territoire. Pour moi, l’État devrait se focaliser sur la situation sécuritaire au lieu d’occuper l’espace médiatique avec ce débat préélectoral. Pour moi, la majeure partie de nos investissements doivent aller dans ce sens.

 

Fousseiny Keita, électromécanicien

Aujourd’hui, on se demande pourquoi les autorités acceptent de promulguer la loi électorale ? Est-ce que c’est à cause de la pression de la Cédéao pour la levée de l’embargo ? En tout cas, bon nombre de personnes comme moi accusent le Col Assimi Goïta d’avoir cédé face à la CEDEAO et la France. On ne peut pas parler de changement en se laissant manipuler par des étrangers. Ceux-ci veulent écarter Choguel Kokalla Maïga pour l’abattre. Je demande au Col Assimi Goïta de rester sur sa position panafricaniste en refusant toute élection.

 

Kassim Konaré, historien

 On peut dire que c’est un retour à la case départ. Le M5 a lutté pour le changement, tel était la cause de départ de IBK. Je n’en suis pas sûr si ce changement existe réellement. Selon mes appréciations, la transition n’a servi que de monnaie d’échanges entre le Mouvement du 5 juin et les 5 colonels. Ce qui a conduit à un dénigrement de la classe politique aux yeux de la population. Il faut réunir tous les fils du pays afin dresser un chemin pour le bonheur du peuple malien. Le clivage politique nous mène à nulle part. Cette tension sourde entre le CNT et le gouvernement n’est pas dans l’intérêt du pays.

 

Bréhima Mamady Traoré, juriste

 Le choix du président de transition de promulguer la loi électorale dénote des avancées énormes qu’il faut saluer, surtout l’organisation d’élections et à un retour des civils au pouvoir. Selon moi, cette même loi électorale adoptée pourrait être présentée très rapidement à la Cédéao avec le calendrier qu’elle réclame.  Après cela, la Cédéao va lever l’embargo sur le Mali. La nouvelle loi électorale, déjà promulguée, permettra aux 5 colonels de se présenter à la prochaine élection présidentielle. Cela, à condition de démissionner quatre mois auparavant. Je suis pour.

 

Alassane Yalcoué, policier

 Vu son contenu, je pense que la promulgation de la présente loi est acceptable. Elle traite de l’organe unique et indépendant de gestion des élections et fixe le régime du référendum, de l’élection du Président de la République et des Conseillers des Collectivités territoriales. Ce qui nous amène à l’ordre constitutionnel vivement réclamé par la Cédéao avec un chronogramme clair et précis. Après avoir apporté 92 amendements au texte par le CNT, cette loi a été bien équilibrée par le CNT dans le sens des intérêts du Mali. Avec cette promulgation, je pense que les autorités de la transition affichent leur volonté d’accoster le Mali à bon port.

 

Mamadou Sidibé, journaliste

 Après promulgation de la nouvelle loi électorale, nos autorités doivent présenter un calendrier permettant le retour des civils au pouvoir à travers l’organisation des élections.  Cette décision du colonel Goïta pourrait d’ailleurs convaincre la Cédéao, qui se réunira le 3 juillet prochain à Accra, de lever les lourdes sanctions contre notre pays. Je conseille le M5-RFP de ne pas faire de polémiques vis-à-vis du Président de la transition. Le Col Assimi Goïta, après une seconde lecture, a jugé nécessaire de promulguer la loi pour éviter une crise politique. Le PM, Choguel Maïga a été initiateur du projet de texte de la nouvelle loi électorale mais sa promulgation émane du ressort du président de la Transition. Qu’on en finisse avec polémique stérile attisée par un clan pour diviser les organes de la transition.

 

Cheick Oumar Sangaré, médecin

Nous ne sommes pas dupes pour comprendre les motivations profondes de Choguel Kokalla Maïga. Ce dernier veut avoir la force de décision dans le choix des membres de l’Organe unique de gestion des élections au Mali. Il s’était, dans la première version de la loi, donné le privilège de désigner lui-même 4 membres sur 7 au total, comme stipuler par le texte proposé par le Gouvernement, a dévoilé ses réelles intentions. Cette attitude que nous ne comprenons pas, a soulevé de réelles interrogations sur sa volonté de refonder le Mali et son projet du Mali Kura à lui seul. Il est temps que le Col Assimi Goïta mette les points sur les « i ». C’est pourquoi, après avoir promulgué la loi, il faut que le Président de la transition mette à la tête du gouvernement quelqu’un dont le souci ne sera pas de manœuvrer pour son seul profit.

 

Me Adama Traoré, avocat

Après avoir échoué à faire imposer cette loi dangereuse et manipulatrice au CNT, Choguel et son clan du M5-RFP, insatisfaits, ont demandé publiquement au Président de la transition, Colonel Assimi Goïta, de ne pas la promulguer. Où est le Mali Kura dont on rêve ? La question qui se pose, après cette sortie hasardeuse, est de savoir si le Mali se limite seulement désormais au M5-RFP. Je n’en suis pas sûr ; mais une chose est sûre : cette demande est une démarche non-républicaine dans la mesure où le CNT est l’organe législatif représentant le peuple malien dans son ensemble en cette période de transition. Choguel et son M5-RFP détruisent nos valeurs démocratiques et républicaines. Ce qu’ils ne nous disent pas, c’est que leur premier projet de loi électorale était fait pour servir les calculs de Choguel Kokalla Maïga seul.

 

Mme Sangaré Kadiatou Cissé, Coordinatrice d’un projet

En tout cas, ce texte tel qu’élaboré par le Gouvernement ne reflètait en rien l’esprit du Mali Kura. Le projet de texte sur l’organe unique était la volonté de Choguel seul et de son Gouvernement. Le nombre des membres de l’AIGE, passé de 7 à 15, prouve que le Président de la Transition remet en cause la crédibilité de son PM. C’est justement la même lecture qui a été faite par certains membres du CNT en refusant catégoriquement que ce texte en l’état soit voté. Il faut donc voir d’un œil la promulgation du

 

Malamine Bagayoko, activiste

 Le Président, par peur d’affronter Malick Diaw, a paralysé notre combat. En promulguant la loi électorale, Assimi Goïta ne fait qu’accélérer le retour des hommes politiques sur le devant de la scène. Une erreur car ces politiciens vont faire pire que ce qu’ils ont fait par le passé. Assimi aurait dû se laisser guider par Choguel qui est le seul vrai adepte du Mali Kura.

 

Mme Cissé Fanta Tangara, comptable

L’union sacrée autour de la transition se déchire en morceaux et fait apparaître le désir des militaires qui souhaitent s’éterniser au pouvoir. Pourquoi Assimi a lâché Choguel et a accepté promulguer cette loi qui ne fait que favoriser des vautours politiciens ? Je soupçonne Assimi et Diaw de vouloir pactiser les hommes politiques afin d’affaiblir Choguel.  

Salif Keita, clerc d’études notariales

Assimi n’aurait pas dû promulguer la loi électorale retravaillée par le CNT. En l’ayant fait, il tombe dans le piège du « coûte que coûte élection » tendu par la CEDEAO et les Blancs. Il aurait plus gagné à suivre Choguel dans son combat pour le panafricanisme et la liberté des Africains.

 

Cheick Oumar Faïnké, enseignant-chercheur

 La transition se résume-t-elle donc en la personne du PM Choguel Kokalla Maïga ? Ou ce dernier insinue réclamer la paternité de celle-ci à son tour ? Il lui est même arrivé des fois de s’autoproclamer force du changement, faisant des autres les ennemis de la nation. Or, ce qu’il est en train de faire maintenant, c’est tout à fait le contraire. Le parti politique de Choguel n’est pas assez structuré pour remporter même une élection communale, à fortiori le scrutin des députés, d’où ces gesticulations théâtrales de trop. Je pense que les vidéos man du PM vont se taire. Le col Assimi a agi en bon Président en promulguant cette nouvelle loi.  

Propos recueillis par :

M. Sangaré

 

Source: Journal Les Échos- Mali

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Présentée comme cruciale pour l’avenir de notre pays, la nouvelle loi électorale continue de faire couler beaucoup d’encre et de salives. Fakara Moussa Balla Diabaté, fonctionnaire Beaucoup de gens font la confusion entre le travail du CNT, qui est l’organe législatif, et celui du gouvernement. Concernant la loi électorale, il était...