L’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite (Oclei) a exposé, jeudi au Parc national de Bamako, le contenu de ses deux rapports devant la presse. Les responsables de l’Office ont également mis à profit pour parler des enjeux, perspectives et difficultés rencontrées pendant l’élaboration de ces documents.

 

La rencontre qui est intervenue juste après la remise de ces rapports au président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a été présidée par le président de l’Oclei, Dr Moumouni Guindo.

Au titre de la prévention, l’Oclei a mené 19 activités d’information et de sensibilisation à travers le pays, a expliqué son président. En matière de contribution à la répression, a ajouté Dr Moumouni Guindo, la structure a transmis à la justice neuf dossiers d’enrichissement illicite présumé.

L’Oclei a constaté qu’en dehors de toute légalité, deux responsables de l’Institut national de prevoyance sociale (INPS) ont perçu 2,053 milliards de Fcfa comme indemnités de départ à la retraite. Par mois, l’un de ces deux responsables percevait une pension de plus de 6 millions de Fcfa et l’autre plus de 8 millions de Fcfa, a dénoncé le président de l’Oclei.

Concernant l’évaluation des activités de lutte contre l’enrichissement illicite, l’Oclei a analysé les rapports d’audit ou d’activités des structures de contrôle et autorités de régulation sectorielle. En 2019, 51,04% des recommandations formulées par les structures de contrôle ont été entièrement mises en œuvre. Ce taux a chuté à 27,99% en 2020, a déploré le magistrat.

Parlant des difficultés, Dr Moumouni Guindo précisera que sa structure évolue dans un environnement national ambigu face à la corruption, depuis son opérationnalisation en juin 2017. Il a révélé que les enquêtes de l’Oclei sont ralenties par des obstructions érigées au niveau des services domaniaux et fonciers par des agents qui, au nom d’un syndicat, empêchent les officiers de police judiciaire de l’Oclei d’accéder aux registres et aux documents fonciers. «Cette situation illégale qui perdure depuis mars 2020, doit cesser», a plaidé Dr Moumouni Guindo.

Créé en 2015, l’Oclei est chargé de mettre en œuvre l’ensemble des mesures de lutte contre l’enrichissement illicite qui existent au niveau national, sous régional et international. Il mène des activités de prévention de l’enrichissement illicite par l’information et la sensibilisation des populations. L’Office a également pour mission de mener des enquêtes qui contribuent à la répression du phénomène.

L’Oclei réalise des études et des analyses afin de formuler des recommandations d’amélioration de la gestion publique. Le Mali s’est doté en 2014 de la loi portant prévention et répression de l’enrichissement illicite.

Baya TRAORÉ

Source : L’ESSOR

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L’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite (Oclei) a exposé, jeudi au Parc national de Bamako, le contenu de ses deux rapports devant la presse. Les responsables de l’Office ont également mis à profit pour parler des enjeux, perspectives et difficultés rencontrées pendant l’élaboration de ces documents.   La rencontre qui...