Oui, il faut la réconciliation, il faut que les Maliens acceptent de se parler, de se pardonner et de se donner la main pour pouvoir combattre ensemble l’ennemi commun. Mais, cette réconciliation ne saurait être possible qu’à travers seulement des discours politiques. Il faut forcément de vraies actions mûrement réfléchies et impliquant tous les acteurs concernés. Il ne peut pas s’agir que de vains mots ;  de simples retrouvailles pour se  vanter dans le mensonge. Cela est très dangereux pour le pays. Parce qu’il s’agit là d’une pure moquerie à l’endroit des victimes dont certaines sont toujours sous le choc.

Il faut le dire, la Semaine nationale de la réconciliation que l’on a pu observer a été loin d’être le cadre le mieux approprié, en ce moment ci, pour prétendre réconcilier réellement les Maliens. Le problème est bien connu, les vrais acteurs aussi. Donc, accepter de rassembler quelques individus pour leur parler de paix est une pure arnaque dont le but est de tromper l’opinion en détournant son attention des priorités de l’heure. Ce qui est sûr, c’est que l’on ne saurait parler de Semaine nationale de réconciliation avec les groupes armés signataires de l’Accord pour la paix qui ne demande qu’un consensus dans sa mise en œuvre effective. Cet Accord en lui est un processus de réconciliation. Donc, inutile de dilapider nos maigres ressources pour du folklore.

Mieux, qui fallait-il réellement réconcilier durant cette semaine ? Y avait-il vraiment un conflit entre ceux et celles qui ont participé aux différentes activités de ladite semaine ? Comment parler de réconciliation sans justice ? Comment parler de Semaine nationale de la réconciliation au moment où la Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR) est en pleines audiences publiques qui visent d’ailleurs à écouter les plaignants avant de rendre justice avec réparation pour les victimes ? Les réponses à ces différentes interrogations doivent amener les Maliens et les Maliennes à se rendre compte que cette fameuse Semaine a été plutôt initiée pour faire passer juste des messages politiques, histoire de faire croire qu’ils sont en train de travailler à pacifier le pays.

C’est certainement une manne financière très importante qui a servi à l’organisation de ces rencontres à Bamako et dans plusieurs régions du pays, au nom d’une prétendue réconciliation. En clair, rien ne pourra absolument justifier ce banditisme économique contre le trésor et les contribuables maliens dont la somme pharaonique pouvait évidemment servir à répondre à d’autres priorités nationales.

Maintenant que la semaine est finie, le ministre de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, chargé de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation nationale, Col. Ismaël Wagué, doit avoir le courage de dire aux Maliens et aux Maliennes ce que ces rencontres ont pu réellement apporter en terme de paix et de réconciliation au Mali.

 Ousmane BALLO

 Source : Ziré

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Oui, il faut la réconciliation, il faut que les Maliens acceptent de se parler, de se pardonner et de se donner la main pour pouvoir combattre ensemble l’ennemi commun. Mais, cette réconciliation ne saurait être possible qu’à travers seulement des discours politiques. Il faut forcément de vraies actions mûrement réfléchies...