Arrêté le jour de l’Aïd El Kebir, mardi 20 juillet 2021, après l’échec de son ignoble tentative d’égorger le président de la Transition dans la Grande mosquée de Bamako, celui qui n’a de nom jusqu’ici qu’agresseur ou auteur de l’agression contre le président Assimi Goïta a été officiellement déclaré décédé ce dimanche 25 juillet 2021. Avant de tirer sa révérence, les ‘’complotistes’’ diront du mystérieux agresseur qu’il aura tout de même tenu cinq jours d’investigations qui ne n’ont pas été du tout vaines. Puisqu’à en croire le gouvernement, dans le communiqué qu’il a rendu public suite au décès de l’agresseur, celles-ci « ont permis de mettre en évidence des indices corroboratifs des infractions sus visées ».

 

Informant l’opinion publique, sans ajouter nationale et internationale, de la triste nouvelle, le gouvernement de la République du Mali explique le sinistre individu qui avait été arrêté suite à l’agression perpétrée contre le Président de la Transition dans la Grande Mosquée de Bamako, et contre lequel une enquête a été ouverte pour fait de tentative d’assassinat et d’atteinte à la sûreté de l’État, avait été admis au CHU Gabriel TOURE, puis au CHU du Point G où il est malheureusement décédé.
Le gouvernement, la main sur le cœur assure qu’une « autopsie a été immédiatement ordonnée pour déterminer les causes de ce décès ».
Avec cette sortie officielle de l’Etat, le vocabulaire juridique malien s’enrichit d’une nouvelle parade : « mettre en évidence des indices corroboratifs des infractions sus visées ».
Ceux qui raffolent des belles pages de l’histoire glorieuse de notre nation, mais aussi des épisodes épiques et sanglantes de la République, ne peuvent ne pas se souvenir des pareilles explications difficiles et embarrassantes de la part du gouvernement de notre pays voilà cinquante ans…
Au-delà du florilège à profusion sur cette époque, la martyrologie de notre Maliba retient que le dimanche 5 juillet 1964, interrogé sur la mort de Fily-Dabo Sissoko et Hammadoun Dicko, ainsi que de Kassoum Touré (commerçant) tous les trois embastillés à Kidal au Mali depuis octobre 1962, le ministre de l’intérieur et de l’information, Ousmane Ba a expliqué que les familles des trois détenus avaient été averties vendredi 3 juillet 1964 de leur décès.
« Chaque fois qu’un prisonnier meurt à Kidal », a-t-il ajouté, les familles sont avisées. Interrogé sur le point de savoir si les trois détenus condamnés à mort le 1er octobre 1962 par un tribunal populaire, qui les avait reconnus coupables de complot visant à renverser le régime, et de mener « antinationales «étaient morts le même jour, le ministre malien a déclaré : «tous les prisonniers meurent un jour ou l’autre. « Aveu ou légèreté ?
Face au tollé, le parti-État de l’Union soudanaise est obligé de monter au créneau pour tenter de rattraper la bourde. Le 29 juillet 1964, le bureau politique de l’Union soudanaise (R.D.A.) a donc publié une mise au point officielle concernant la mort de Maraba Kassoum Touré, Fily Dabo Sissoko et Hamadoun Dicko, ainsi que de plusieurs autres détenus de la prison de Kidal.
Le communiqué du bureau politique de l’Union soudanaise (R.D.A.) disait en substance que, selon un rapport du commandant militaire du cercle de Kidal, Fily Babo Sissoko, Hamadoun Dicko et Kassoum Touré ont trouvé la mort lors d’une attaque de rebelles Touaregs, alors qu’ils étaient à bord d’un camion de l’armée non loin de Bouressa.
Le commandant militaire ajoute que les trois détenus se sont jetés d’un même élan hors du véhicule sur un signe de Hamadoun Dicko. Leurs corps ont été découverts peu après et inhumés sur place.
Rafraichissons notre logiciel de 50 ans et retournons dans notre monde avec cette affaire pourtant claire, mais pour tant qui se complexifie. Chacun a vu l’agresseur bondir dans le dos de la garde rapprochée pour tenter d’égorger le président Assimi Goïta qui n’eut été sa salut que grâce à sa baraka et à son instinct de guerrier. Comme dirait l’autre, les faits ne souffrent d’aucune espèce de doute ; l’intention est caractérisée et tous les éléments qui composent l’infraction sont sur la place publique.
Nul doute l’agresseur est coupable de ce qu’on lui reproche : tentative d’égorgement du président de la Transition du Mali. Aussi, la mort de l’agresseur ne suscite pas beaucoup d’émotions à fortiori de compassion au sein de l’opinion qui exigeait au contraire une peine exemplaire, si ce n’est le pendre haut et court afin que cela serve de leçon.
Est-ce dans cet esprit que le gouvernement surfant sur le petit nuage populiste a tenu à rappeler dans son communiqué que le décès de l’agresseur du président Assimi ne fera pas obstacle à la poursuite de l’enquête déjà en cours au niveau du parquet de la commune II. Surtout s’en presse-t-il d’ajouter que les premiers indices collectés et les informations recueillies indiquent qu’il ne s’agissait pas d’un élément isolé. C’est là où le bât blesse, c’est lorsque le gouvernement de la République, fut-il dans une incontinence émotionnelle devant un cas d’agression des plus ignobles soit-il, foule aux pieds les principes sacro-saints de la séparation et se fait enquêteur à la place de l’enquêteur qui est normalement la Justice. Ou bien ça aussi c’est le Mali-Koura à la sauce M5-CNSP ?
Ça se saura comme le dit l’autre.,,

Par Sikou BAH

Source : Info-Matin

MaliwebPolitique
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