Le Parti Rassemblement pour le Mali (RPM), à travers son Président Bokary TRETA, après sept ans au pouvoir devrait avoir la décence de refuser de siéger dans le gouvernement de ceux qui ont renversé leur régime. A l’image de la Convergence pour le développement du Mali, le RPM gagnerait en crédibilité, en logique, en constance et en cohérence s’il s’était montré désintéressé de faire partie du gouvernement Choguel Kokalla MAIGA.

 

Le Gouvernement du Premier ministre a été annoncé le vendredi 11 juin. Une équipe de 28 membres, dont 3 ministres délégués. Presqu’aucune figure politique, à part celles du Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotique (M5-RFP), malgré les consultations menées par le Premier ministre, n’y figure. La situation a suscité de nombreuses réactions, dont celles de l’ancienne majorité présidentielle, en affirmant que la formation du nouveau gouvernement n’a pas reflété l’esprit des entretiens avec Choguel.
Or, ce dernier, apprend-on de bonne source, justifierait sa décision par les conditions posées par TRETA qui réclamerait au moins deux départements ministériels pour éviter des frustrations au sein de son regroupement. Toutes choses que son parti vient de nier dans un communiqué rendu public hier mercredi.
‘’Le RPM, informe l’opinion, qu’à l’appel du Premier ministre, il avait marqué sa disponibilité à faire partie de l’équipe gouvernementale sans avoir posé de conditions préalables’’, souligne l’ancien parti au pouvoir renversé par la junte.
Il se lit entre les lignes de ce communiqué la colère du Parti de ne pas avoir de représentant dans le gouvernement du Dr Choguel Kokalla MAIGA.
Le hic, après 7 ans au pourvoir, le RPM ne devrait être ni demandeur ni preneur de rien de la transition mise en place consécutivement à un coup d’État contre leur régime accusé de généraliser la corruption, d’ériger la mauvaise gouvernance comme un système de gestion, d’encourager l’impunité. Donc, pour la mise en place du nouveau gouvernement, le RPM devrait avoir la décence politique de garder sa constance pour refuser de faire partie de cette équipe, à l’instar du Parti CODEM. Officiellement, il est le seul parti politique à s’abstenir de renter dans le gouvernement pour se consacrer à sa mission de veille de la transition. C’était le rôle que le RPM devrait jouer. Hélas, les envies de postes ont pris le dessus sur la logique.
Sinon où est l’honneur pour le RPM de composer avec ceux qui ont renversé son pouvoir et qui qualifient leur gestion de la plus médiocre de toute l’histoire du Mali ? Au nom de quelle inclusivité, le RPM, en faisant fi de toute cohérence et de toute moralité politique, veut-il travailler avec les principaux acteurs du coup d’Etat du 18 août ?
En toute logique et responsabilité, la place du RPM n’est pas d’être membre de ce gouvernement à plus forte raison faire un combat. Qu’est-ce que le parti a encore à prouver aux Maliens après sept ans de gestion chaotique pour réclamer de façon déguisée sa part dans la transition.
Aujourd’hui, le parti gagnerait à se mettre au-dessus de certaines considérations alimentaires pour soigner son image déjà ternie. Aussi, il est impossible de tenir l’inclusivité et de mettre tout le monde dans un gouvernement dont l’effectif est réduit.

Par Sikou BAH

Source : INFO-MATIN

MaliwebPolitique
Le Parti Rassemblement pour le Mali (RPM), à travers son Président Bokary TRETA, après sept ans au pouvoir devrait avoir la décence de refuser de siéger dans le gouvernement de ceux qui ont renversé leur régime. A l’image de la Convergence pour le développement du Mali, le RPM gagnerait...