Le 62e sommet ordinaire des chefs d’Etat de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) s’est tenu dimanche dernier (4 décembre 2022) à Abuja, au Nigeria. Plusieurs points étaient inscrits à l’ordre du jour, notamment les coups d’État, la lutte contre le terrorisme et l’affaire des mercenaires ivoiriens arrêtés et incarcérés à Bamako depuis le 10 juillet dernier. A ce sujet, sans doute sous la pression de la Côte d’Ivoire, les dirigeants ouest africains ont crû bon de brandir la menace de sanctions pour obtenir leur libération.

 

A la fin du 62e sommet ordinaire des chefs d’Etat de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO), les dirigeants ont adopté plusieurs recommandations. En ce qui concerne notre pays, il est regrettable de constater que les dirigeants de la sous-région sont toujours dans une posture d’injonction quand il s’agit de prendre des décisions concernant notre pays. Ainsi, ils n’ont trouvé mieux que de donner un ultimatum aux autorités de la Transition. Celles-ci ont ainsi jusqu’au 1er janvier 2023 pour libérer les mercenaires ivoiriens sous peine d’exposer le pays à de nouvelles sanctions.

Autrement, Alassane Dramane Ouattara et sa bande n’ont pas encore compris que le Mali ne cédera plus à l’invective, à l’intimidation et à la menace quand il s’agit de défendre sa souveraineté, l’honneur et la dignité du peuple malien. C’est pourquoi nous ne pensons pas que la Cédéao ait choisi la meilleure approche dans la résolution de cette affaire.

Par rapport au chronogramme de la Transition, le sommet a apprécié les efforts consentis par notre pays, mais a recommandé la vigilance pour que le cap soit maintenu. Il faut rappeler que le sommet d’Abuja a été précédé d’une visite à Bamako du Médiateur de l’organisation pour le Mali, Goodluck Jonathan (29-30 novembre 2022). Ce dernier a eu une importante séance de travail avec le Comité interministériel pour le suivi du Chronogramme politique et électoral de la Transition (ministères de l’Administration territoriale et de la Décentralisation ; de la Refondation ; des Affaires Étrangères et de la Coopération internationale et le ministère délégué chargé des Réformes politiques et institutionnelles) le 29 novembre 2022 à la Primature.

Le Premier ministre par intérim, Colonel Abdoulaye Maïga, a saisi l’occasion pour faire part au médiateur Goodluck Jonathan des «avancées significatives» dans le processus des réformes politiques et électorales, notamment la remise au président de la Transition de l’avant-projet de la Constitution par la Commission chargée de sa rédaction, l’installation des membres de l’Autorité indépendante de gestion des élections (AIGE), l’adoption en conseil des ministres des projets de textes relatifs à la réorganisation administrative et territoriale.

«Nous ne ménagerons aucun effort pour maintenir cette dynamique tout au long de la Transition pour réussir l’organisation d’élections transparentes, crédibles et apaisées», a promis le Colonel Maïga. Ces avancées remarquables enregistrées dans le processus des réformes et de la préparation des échéances planifiées ont fait l’objet d’une présentation à Goodluck Jonathan et ses collaborateurs.

A sa sortie de l’audience accordée par le président de la Transition, Goodluck Jonathan a également apprécié (face à la presse) les  efforts fournis par nos autorités en vue de respecter le chronogramme établi. Cependant, selon lui, elles peuvent mieux faire. «Il y a certes des progrès qui sont enregistrés çà et là et nous sommes d’avis avec les autorités qu’elles fournissent des efforts évidemment. Mais, il reste des domaines dans lesquels il faut mettre l’accent, travailler davantage», a souhaité l’ancien président du Nigeria.

Et Goodluck Jonathan de conclure, «nous sommes rassurés quant aux réponses envisagées par le gouvernement, de la part aussi du président de la Transition, comme quoi les efforts vont se poursuivre» !

Naby

Source : Le Matin