L’année 2021 a été une année très éprouvante pour le Mali et les Maliens, un peu dans le prolongement de 2020.  Le fait marquant est sans doute la rupture intervenue dans le déroulement de la Transition avec le coup d’Etat contre le président Bah N’Daw le 24 mai. «La rectification» ainsi opérée allait procéder à une redistribution des cartes avec l’ascension de Assimi Goïta au sommet de l’Etat, mais surtout l’arrivée du M5-RFP au centre du jeu institutionnel. L’une des conséquences est incontestablement le clivage intervenu de manière persistante sur la scène politique.

 

Parmi les faits marquants, il y a les arrestations intervenues dans le cadre de la lutte contre la corruption. Ces arrestations ont été dénoncées par des praticiens du droit pour le non respect des procédures. Et surtout pour l’incapacité constitutionnelle pour la Cour suprême d’envoyer des anciens ministres en prison. Par-delà la lutte contre la corruption, on a constaté une dérive dans les arrestations de personnes pour des opinions ou des propos jugés injurieux.

2021 est aussi l’année des «rumeurs». A chaque fois que le gouvernement s’est retrouvé en face de faits plus ou moins gênants, il trouve le moyen de les qualifier de «rumeurs». Rumeurs concernant le feu-vert donné au Haut Conseil Islamique du Mali (HCI-Mali) pour trouver un cadre de négociation avec les jihadistes, notamment Iyad Ag Ghali et Amadou Koufa. Rumeurs concernant les relations avec le groupe Wagner.

Comment ne pas mentionner la recrudescence de l’insécurité avec des zones complètement sous le contrôle des djihadistes et surtout une surenchère dans la cruauté (le cas des 31 personnes brûlées vives à Songho). Je n’oublie pas le fait que notre pays est complètement isolé sur le plan diplomatique. Le Mali est seul contre la CEDEAO, contre l’Union Africaine, contre l’Union Européenne et contre l’ONU.

2021 fut une année d’épreuves. Le pays ressemble presque à un champ de mines au regard de toutes les difficultés qui l’assaillent. Ce point a culminé avec les sanctions prises contre les autorités du pays. Je ne terminerai pas 2021 sans évoquer nos confrères disparus, notamment Oumar Maïga dit Gilbert, Amadou Tall, Makan Koné, Hawa Séméga, Birama Fall, Sacko Maguiraga…

Pour 2022, mon souhait est de voir notre pays revenir à une vie constitutionnelle normale. Cela passe par le respect des engagements pris entre maliens et vis-à-vis de la communauté internationale. Ce retour devrait permettre de desserrer l’étau autour du pays. Et surtout de renouer avec la communauté des Nations. Je souhaite qu’il y ait une vraie réconciliation nationale tant sur le plan politique que sécuritaire. Ceux qui jouent à diviser les Maliens sur la base de vieilles rancœurs devraient mettre de l’eau dans leur vin ou avoir moins voix au chapitre.

Je voudrais une meilleure prise en charge du Covid-19. On constate une véritable flambée des chiffres officiels qui sont très éloignés de la réalité. Or on ne sent ni les autorités sanitaires ni les autorités politiques. Mais tel que c’est parti, l’an 2022 risque d’être au moins l’égal de 2021.

Source : LE MATIN

MaliwebPolitique
L’année 2021 a été une année très éprouvante pour le Mali et les Maliens, un peu dans le prolongement de 2020.  Le fait marquant est sans doute la rupture intervenue dans le déroulement de la Transition avec le coup d’Etat contre le président Bah N’Daw le 24 mai. «La...