L’épisode aura agité l’ensemble du monde musulman malien et suscité une vague d’indignation sans qu’on ait pris le temps d’en mesurer les contours possibles. Il s’agit de cette vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, à cause de l’audace inédite de celui qui passe pour un profanateur de la religion ainsi que de ses figures et symboles les plus sacralisés par les croyants. Il n’en fallait pas autant pour que le ban et l’arrière-ban se mobilisent aux trousses du baudet traqué de toutes parts : par la justice malienne ainsi que par les fidèles musulmans, lesquels exigent le châtiment le plus exemplaire du téméraire pourfendeur de la religion dominante au Mali. L’ardeur de la traque s’explique sans doute par la conviction que le coup porté à la religion vient du Mali. Or, tout indique que l’élément sur lequel repose cette conviction présente des indices de truquage et de la manipulation. On retient, en clair, un décalage criant entre le son et les gestes de celui qui est présenté comme l’auteur de la profanation, quoique le geste suffise en la matière. Quoi qu’il en soit, ils sont de plus en plus nombreux les observateurs qui n’excluent pas l’hypothèse d’un montage concocté à dessein pour mettre la question religieuse sous les projecteurs aux fins de la hisser au rang des priorités à trancher dans le sillage du processus constitutionnel en cours

Rassemblées par la Rédaction

Source: Le Témoin