Le Bureau du Vérificateur Général (BVG) a procédé à une vérification sur la gestion des ressources de l’État utilisées dans le cadre de la lutte contre la COVID-19. Cette vérification avait pour objectif de s’assurer de la régularité et de la sincérité des opérations de dépenses. Les travaux de vérification ont porté sur l’examen des opérations de dépenses, de gestion des intrants et équipements et de répartition des céréales au cours de l’exercice 2020. Le rapport du VEGAL souligne qu’une bonne partie des ressources a été irrégulièrement utilisée à des fins d’enrichissement individuel ou collectif au détriment des besoins réels dans la lutte contre la Covid-19. Le montant total des dépenses irrégulières s’élève à 50 733 274 104 FCFA.

 

Le Vérificateur général explique dans son rapport publié sur son site, le lundi 13 septembre 2021, qu’au 31 décembre 2020, le Gouvernement, à travers la Paierie Générale du Trésor, a payé à 125 entités une somme totale de 43 139 473 128 FCFA sur un crédit alloué de 132 372 298 618 FCFA. Ainsi, il ressort des travaux de cette vérification que la gestion de ces ressources a souffert d’irrégularités administratives et financières importantes.
« Dans la distribution des céréales aux familles vulnérables, il y a eu un déficit de communication et d’instruction sur les cibles et les quantités à repartir, d’une part, et, d’autre part, le contexte dans lequel ces céréales sont offertes. Ni les Préfectures ni les Collectivités Territoriales n’ont été informées par le Commissariat à la Sécurité Alimentaire (CSA) ou l’Office des Produits Agricoles du Mali (OPAM) de la distribution gratuite de céréales dans le cadre de la COVID-19. L’OPAM n’a pas acheminé aux populations vulnérables des céréales (maïs et mil), d’une quantité de 365 tonnes. Les Gouverneurs de Ségou, de Kayes et de Koulikoro n’ont pas distribué 851 637 masques reçus pour la prévention contre la COVID-19 que le Ministère de l’Industrie et du Commerce a envoyé », fait ressortir le rapport.
Ce n’est pas tout, le rapport étale au grand jour que des Directions régionales de la Santé ont envoyé des médicaments Covid-19 à des centres de Santé avec des dates de péremption de très courtes durées.
Ainsi, le VÉGAL déplore qu’une bonne partie des ressources a été irrégulièrement utilisée à des fins d’enrichissement individuel ou collectif au détriment des besoins réels dans la lutte contre la Covid-19 et le montant total des dépenses irrégulières s’élève à 50 733 274 104 FCFA.
« Ces irrégularités sont consécutives à de pratiques diverses. Des mandatements directs au nom de certains régisseurs d’avances et certaines structures ont favorisé la violation des procédures de dépenses publiques entraînant des dépenses indues à hauteur de 3 181 979 853 FCFA. Le non-respect des formalités d’enregistrement a coûté à l’État une perte de recette de 410 369 057 FCFA. L’État a payé 760 177 650 FCFA de plus que ce qu’il devait payer à l’EDM-SA dans le cadre des mesures présidentielles pour la gratuité de consommation d’énergie. Le montant total de l’irrégularité ne prend pas en compte tout l’impact financier, non quantifiable, de la mauvaise application de l’article 3 », explique le rapport du Vérificateur général.
L’on apprend que le Coordinateur du projet Jigisemejiri n’a pas correctement réalisé les transferts monétaires d’urgence à l’endroit des ménages les plus pauvres et vulnérables du Mali pour répondre aux effets de la COVID-19. Il a gardé dans son compte bancaire un montant de 30 097 471 525 FCFA, soit plus de 77% des sommes reçues du Trésor Public en date du 30 juin 2021.
Quant au Directeur du Fonds de Garantie pour le Secteur Privé (FGSP), il lui est reproché de n’avoir pas respecté des dispositions conventionnelles relatives à la reddition des comptes conformément à ses engagements avec l’État du Mali.
Ainsi, sur un montant total de 20 000 000 000 FCFA destiné au financement de la garantie des crédits bancaires en faveur des PME/PMI pour une durée de deux ans, il n’a traité que les dossiers de garantie de trois entreprises sur 2 000 prévues. Il n’a pas non plus justifié l’utilisation du reliquat de 6 500 000 000 FCFA n’ayant pas fait l’objet de Dépôt à Terme dans des banques commerciales pour conforter leur trésorerie comme l’exige ladite convention.
Le Vérificateur rappelle que l’État a mobilisé 21 151 900 000FCFA pour les achats de céréales à distribuer gratuitement dans toutes les régions du Mali, dont celles du Nord et du Centre. Parallèlement, le ministre de l’Économie et des finances et le ministre de l’Industrie et du commerce ont payé à un fournisseur un montant de 2 085 600 000 FCFA pour la prise en charge des surcoûts liés à la vente de produits alimentaires à Kidal et à Ménaka sur trois mois en réponse aux impacts de la maladie de Coronavirus (COVID -19). Il s’agit ici des deux villes les moins touchées avec respectivement 0,8% des cas et 0,1% des cas du Mali. Le chic est qu’aucune justification n’a pu être obtenue pour les ventes demandées.
« Il n’y a pas eu d’opération de retrait sur les ‘’fonds de concours COVID-19’’ logé dans les livres de la BMS-SA à travers le compte n°ML102 01001 57590803001 39 sous l’intitulé ‘’Gestion maladie COVID-19 MSAS’’, dont le solde s’élève à 6 646 508 279 FCFA. Il s’agit du compte qui a enregistré les contributions des personnes physiques et morales résidentes qui ont voulu contribuer aux efforts de lutte contre la COVID-19 », précise le rapport.
En plus de la formulation des recommandations aux structures incriminées, le Bureau du Vérificateur Général a attiré l’attention des autorités publiques sur la nécessité d’harmoniser les plans d’utilisation des fonds liés aux épidémies et pandémies et de respecter les procédures de dépenses publiques.

PAR MODIBO KONÉ

Source : Info-Matin

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Le Bureau du Vérificateur Général (BVG) a procédé à une vérification sur la gestion des ressources de l’État utilisées dans le cadre de la lutte contre la COVID-19. Cette vérification avait pour objectif de s’assurer de la régularité et de la sincérité des opérations de dépenses. Les travaux de...