Une étude de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) montre que le nombre de décès associés à la pandémie et à ses conséquences sanitaires a été largement sous-estimé, notamment en Afrique. L’organisation mondiale de la santé pense que le bilan actuel doit être multiplié par cinq pour y être conforme.

La pandémie de la Covid-19 qui secoue le monde depuis près de trois ans continue de faire parler d’elle. Moins affecté que de nombreux pays occidentaux ou asiatique, l’Afrique demeure tout de même touchée. Notre pays figure sur la liste des Etats frappés par la maladie avec un bilan de 31.041 personnes contaminées et 734 décès sur une période de trois ans selon le ministère de la santé et du développement social. Le nombre de personne guérie est autant spectaculaire, ce qui prouve à suffisance une résistance costaux de l’organisme des africain face au virus. On a dénombré à la date du 19 mai 2022 au Mali 30.128 cas de guérisons complète et cette remarque est identique dans la plupart des pays voisins.

En effet, le Mali a réceptionné des milliers de doses de vaccins en provenance de la Chine, des USA et aussi du Japon. Dans la foulée, une vaste campagne de vaccination a ainsi été lancée sur l’ensemble du territoire mobilisant des centaines de médecins et d’infirmiers. Cette campagne de lutte contre la Covid-19  a certes connu des difficultés à son lancement et pour cause, les populations se méfiaient des effets secondaires du vaccin. En somme, le Mali ne s’en sort pas mal, mais le nouveau rapport émis par l’Organisation Mondiale de la Santé concernant les bilans des différents pays africains revus à la baisse suscite de nombreuses interrogations. Les autorités en charge de la question sur la Covid-19 ont-elles volontairement dissimulé des informations aux populations ou c’est l’organisation internationale qui tente d’aggraver une situation déjà fragile ? Le fait est que ce nouveau rapport fait grincer les dents quand on voit que pour connaitre le vrai bilan, il faudra multiplier par cinq les chiffres actuels.

Les années 2020 et 2021 ont été marquées par une surmortalité mondiale trois fois plus importante par rapport aux années précédentes, affirme une étude de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Les décès liés directement ou indirectement à la pandémie de Covid-19 seraient trois fois supérieurs à ceux recensés dans le monde, cinq fois supérieurs à ceux recensés en Afrique.

Des chiffres sous-évalués

Le nombre de décès officiels ne représenterait qu’un décompte minoré du nombre total de morts dus à la pandémie et à ses conséquences sanitaires, selon une étude de l’OMS. Ainsi, pour les années 2020 et 2021, la mortalité liée directement ou indirectement au Covid-19 s’élèverait à environ 15 millions dans le monde, soit trois fois le chiffre officiellement annoncé. Et l’Afrique ne fait pas exception. Sur la période, le nombre d’Africains décédés du Covid-19 s’élèverait à 1,24 million selon l’OMS, soit cinq fois plus que les 229.197 morts officiellement répertoriés par le bureau africain de l’Union africaine (CDC). De nombreux décès attribuables au Covid-19 ont échappé aux statistiques parce qu’aucun test n’a été effectué avant ou après le décès.

Cette surmortalité se mesure notamment en comparant le nombre de morts des années 2020 et 2021 aux données des dix années précédentes. Mais les statistiques africaines sont souvent lacunaires : « Seuls cinq pays ont pu fournir des données consolidées, 42 n’en ont pas suffisamment et quelques-uns pas du tout. Nous sommes donc face à une véritable difficulté de modélisation, qui pourrait faire redouter un nombre plus important de ces décès cachés », affirme William Msemburi, analyste à l’OMS.

VIH, paludisme, tuberculose « oubliés »

La pandémie a sérieusement freiné la lutte contre le VIH, la tuberculose, le paludisme et la rougeole. Car « les lacunes révélées par la pandémie de Covid-19 indiquent qu’un des enjeux cruciaux des années à venir sera de renforcer les systèmes d’information sanitaires, partout dans le monde, pour pouvoir mieux protéger et prévenir ». Autres explications au phénomène données par l’étude de l’OMS, les campagnes de vaccination interrompues pour d’autres maladies et l’accès restreint à certains traitements et médicaments.

Sur le continent, les chiffres laissent entrevoir que les Africains sont morts autant du Covid-19 en lui-même que de ses conséquences sanitaires. Avec 47 000 cas de paludisme supplémentaires en 2020, on peut émettre l’hypothèse que des morts du Covid-19 ont pu être recensés comme une mortalité liée au paludisme.

La lutte contre la pandémie de la Covid-19 continue de plus belle en Afrique malgré le fait que plusieurs Etats ont levé les restrictions concernant cette maladie. Des vaccinations obligatoires aux interdictions de regroupement en masse, le continent n’est pas resté en marge de la lutte contre cette pandémie venue d’ailleurs.

Ahmadou Sékou Kanta

Source: L’Observatoire

MaliwebSanté
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