Le Coordinateur de la Cellule Sectorielle de Lutte contre le Sida, la Tuberculose et les hépatites, le Dr Youssouf DIALLO, a affirmé ce jeudi 1er décembre qu’en moyenne chaque jour une dizaine de cas de Sida est déclarée dans notre pays. C’était à la faveur d’une conférence de presse sur le Sida et les hépatites virales B et C.

 

Cette conférence de presse s’inscrit dans le cadre de la 1ere édition du mois de la santé et de la prévoyance sociale placée sous le thème : « Une approche innovante pour améliorer l’accès des populations aux services de la santé et de la protection sociale ».

Une démarche du ministère de la Santé contre le déficit de communication dans l’accès aux soins sanitaires dans le pays. À cet effet, une série d’activités est programmée durant ce mois, dont des conférences sur des thématiques d’actualité.

Ainsi, en ce 1er décembre, journée mondiale du Sida, le ministère a organisé une conférence de presse sur cette maladie et les hépatites, deux pathologies qui ont des enjeux de santé publique dans le monde.

Si le premier thème a été exposé par le coordinateur Youssouf DIALLO, celui sur les hépatites a été développé par le Pr Anselme KONATE.

À l’entame de ses propos, le coordinateur a déploré que depuis le problème de la gestion du Fonds mondial, la lutte contre le Sida connaisse des difficultés.  Conséquence : il y a eu un relâchement au niveau de la communication or la maladie enregistre de nouvelles infections dans le pays.

« Ce que nous finançons maintenant ce sont des activités essentielles », a précisé le Dr Youssouf DIALLO.

En se référant au dernier rapport de ONUSIDA, malgré les efforts, il y a encore des milliers de personnes qui sont sous traitement, plus d’un million de nouvelles infections au Sida, plus de 600 000 décès en 2021.  Constat : ils n’ont pu pas être au rendez-vous de la lutte contre cette maladie en 2020.

Optimiste, le Dr DIALLO pense que l’objectif peut être atteint d’ici 2030, mais à condition d’obtenir les trois 90% à savoir : 90% des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut sérologique ; 90% de toutes les personnes infectées par le VIH dépistées reçoivent un traitement anti rétroviral durable ; 90% des personnes recevant un traitement antirétroviral ont une charge virale durablement supprimée.

« En obtenant ces objectifs, on peut mettre fin au Sida », a affirmé le Dr DIALLO, en ajoutant qu’au Mali des avancées ont été enregistrées, mais le pays est encore loin de ces engagements.  Pour preuve, les chiffres au 30 septembre dernier font état de plus 58 000 personnes sous traitement, ce qui représente 66%.

« Le drame est que les gens ne vont pas au dépistage malgré la création des sites », a déploré le conférencier.

Par ailleurs, il a aussi salué le progrès de la science qui permet aujourd’hui de circonscrire aux conséquences désastreuses de la maladie.

« Le traitement est efficace et le patient peut être sous pression virale avec un suivi régulier du traitement… C’est pourquoi je dis que le Sida ne tue plus parce qu’on a la possibilité de vivre avec la maladie. Le Sida tue quand on ne suit pas le traitement et surtout quand on n’est pas régulier », a déclaré le Dr DIALLO.

Cependant, il a dénoncé la faiblesse des engagements financiers de l’État en faveur de la lutte contre le Sida.

« Le Mali s’est engagé à prendre 70% du suivi des patients. Mais, cette promesse n’est pas respectée », a regretté le conférencier.

S’agissant de la situation des enfants infectés, le Mali et l’UNICEF se partagent à parts égales leur prise en charge. En 2021, l’UNICEF a bouclé 27% de son engagement. Pour la même période, l’État n’a pu honorer son engagement.

PAR SIKOU BAH

Source : Info-Matin