Les acteurs en charge de la question se sont accentués sur la sensibilisation des leaders religieux et coutumiers ; celle des femmes dans les marchés et les foyers ; les étudiants, les élèves…Ces différentes techniques d’approche ont finalement incité beaucoup de personnes à se faire vacciner contre la Covid, comparativement au début de la vaccination où les gens étaient réticents.

 

Dans la lutte contre la Covid, l’objectif assigné aux différentes communes de Bamako ainsi qu’aux régions est de vacciner 70% de la population malienne. La commune V du district de Bamako a déjà atteint 22,30%, selon le directeur du Centre national d’immunisation, Ibrahim A Diarra, comparativement à des localités comme Koro (4%) ; Djenné (7%) ; Mopti (3%)… « Il y a des campagnes de vaccination qui sont en cours. La commune V vient en avant-dernière position par rapport aux autres communes de Bamako. Mais, elle est en avance par rapport à d’autres localités qui n’ont pas atteint 10%. On doit juger les communes et différents lieux à travers les objectifs assignés. C’est-à-dire, vacciner 70% de la population d’ici la fin de l’année », a-t-il expliqué. En clair, le responsable reconnait que la commune V du district continue d’enregistrer des avancées, même s’il y a des efforts à fournir. Au début, les populations se méfiaient des vaccins. Mais, le travail des acteurs impliqués dans la lutte contre le coronavirus s’est soldé par le changement de mentalité, voire l’incitation des uns et des autres à la vaccination. Ainsi, la vaccination contre la Covid a connu de l’amélioration au niveau du Centre de santé de référence (CSRéf) de la commune V de Bamako, de même que dans certains centres de santé communautaires (Cscom). Dr. Maïmouna Keïta, médecin au CSRéf de la commune V de Bamako : « La vaccination commence à bien partir. Mais il faut cependant reconnaitre que la population était réticente au début. Nous avons rencontré beaucoup de difficultés dues au refus de la population pour se faire vacciner ». Aux dires de Mme Traoré Maïmouna Keïta, il y a eu un changement de mentalité en commune V. « Nous pouvons dire Dieu merci aujourd’hui, parce que nous avons l’accompagnement du gouvernement, celui de beaucoup d’ONG, de la direction régionale du développement social et de l’économie solidaire. Il y en a qui interviennent dans le cadre de la sensibilisation, d’autres interviennent dans le cadre de la vaccination », explique la responsable. Pour être claire, Dr. Keïta rapporte : « Approximativement, nous sommes à plus de 70.000 personnes vaccinées en commune V. Le nombre des vaccinés n’avait pas atteint cela avant la sensibilisation ». Et les mesures prises pour l’adhésion massive de la population à cette vaccination restent, selon elle : les campagnes de vaccination au niveau des marchés, dans les églises, les mosquées, devant les domiciles des populations et des chefs de quartier…. La même amélioration a été constatée par le Dr. Siaka Kalifa Mallé, directeur technique du centre (DTC) au Cscom-Ascoda sis à Daoudabougou, en commune V. Il est aussi le coordinateur des DCT en commune V de Bamako. Comparativement au début de la vaccination, il rassure que son équipe est en train d’enregistrer des avancées. « Au départ, la population était dans le doute. En commune V, la vaccination a commencé par les agents de santé. J’ai compris que les gens attendaient trois (3) mois, voire 1 an après pour voir ce que la vaccination des médecins allait donner comme résultat », explique Mallé. Les chiffres étaient très bas au début, même avec la sensibilisation. Mais, poursuit le responsable, « nous pouvons dire que le taux de vaccination est en train de hausser grâce à l’appui des partenaires, celui des chefs coutumiers et religieux. Nous avons des femmes leaders et des associations qui donnent des informations fiables à la population ». La hausse du taux est également due à la multiplication du nombre de vaccins disponibles dans le pays. « Le Mali n’avait qu’un seul vaccin (Astra-Zeneca) au début. Mais on a presque tous les vaccins aujourd’hui. Au-delà de la sensibilisation, l’amélioration de la donne provient de la compréhension de la population », indique M. Mallé. Le Cscom-Ascoda a des équipes qui se déplacent pour sensibiliser les populations. Aussi, le Dr. Mallé précise : « Là où nous sommes aujourd’hui, les chiffres obtenus dans la vaccination doublent, voire triplent ceux que nous avions au début ». Au Cscom-Asacoda de Daoudabougou, en commune V de Bamako, la Dr. Rokia Poudiougou est la DTC (directrice technique du centre). Elle soutient avoir constaté « une adhésion très nette » de la population suite aux sensibilisations. « On peut dire que ça va maintenant, dit-elle. Beaucoup de gens se sont surtout fait vacciner avec le pèlerinage ». Aussi, a-t-elle ajouté, l’arrivée du vaccin Pfizer a contribué à la hausse du taux. Ce vaccin prend en compte les femmes enceintes, les femmes allaitantes et les enfants dont l’âge commence à partir de 12 ans. Cela n’était pas le cas au début de la vaccination. Traoré Rokia Poudiougou annonce avoir noté des avancées grâce à l’élargissement de la vaccination aux femmes enceintes et allaitantes, de même qu’à la tranche d’âge commençant 12 ans. Partant, elle souligne : « A mon niveau, le nombre de vaccinés a augmenté. Il fait le double ou le triple du nombre qu’on avait au départ. Si on vaccinait 10 personnes par jour au début, on se retrouve avec 20 à 30 personnes présentement. Je ne peux pas dire le chiffre exact, mais il y a de l’amélioration à mon niveau ».

La sensibilisation se poursuit

Les acteurs en charge continuent de sensibiliser les populations pour la vaccination contre la Covid. Après avoir été convaincu par l’équipe mobile en charge de sensibiliser les gens, Yaya Waigalo a finalement accepté de se faire vacciner. Il trouve d’ailleurs que « prévenir vaut mieux que guérir ». « J’ai attendu l’intervention de l’équipe mobile pour me faire vacciner. Je n’ai pas voulu aller à l’hôpital. La science est perplexe, surtout en matière de santé. Certes les rumeurs circulant autour de la vaccination font peur, mais je suis convaincu qu’on meurt tous, même si on n’utilise pas ces vaccins », explique-t-il. En commune V, la cheffe du service social, Mme Coulibaly, et son équipe sensibilisent les populations pour la vaccination. D’après elle, il y a eu beaucoup d’amélioration. « Les campagnes menées ont pu avoir une certaine issue. Courant ce mois de juin 2022, la campagne qu’on vient de faire a permis de sensibiliser 1258 personnes et vacciner 197 p, alors qu’on ne pouvait même pas, au début, parler du vaccin aux gens. Si on arrive à obtenir ce résultat aujourd’hui, cela veut dire que la situation s’améliore », estime la cheffe. Cette dernière rapporte qu’il y a eu un changement de mentalité chez les populations. Ainsi, il faudra souligner que l’article 17 de la constitution malienne reconnait le droit à la « santé et à la protection sociale » aux Maliens. Dans l’alinéa 2 de l’article 16 de la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples, il est écrit que « les Etats s’engagent à prendre les mesures nécessaires en vue de protéger la santé de leurs populations et de leur assurer l’assistance médicale en cas de maladie ».

Réalisé par Mamadou Diarra

Ce reportage est publié avec le soutien de Journalistes pour les Droits humains (JDH) au Mali et Affaires Mondiales Canada.

Source : LE PAYS

MaliwebSanté
Les acteurs en charge de la question se sont accentués sur la sensibilisation des leaders religieux et coutumiers ; celle des femmes dans les marchés et les foyers ; les étudiants, les élèves…Ces différentes techniques d’approche ont finalement incité beaucoup de personnes à se faire vacciner contre la Covid, comparativement au...