Un espace public d’environ deux hectares situé à Kalabancoro-Kouloubleni est aujourd’hui convoité par plusieurs personnes des militaires et des civils. Saisie par la population, la mairie pointe un doigt accusateur sur l’ancien maire.

 A Kalabancoro Kouloubleni ce sont quatre citoyens dont deux porteurs d’uniformes et deux civils qui se réclament chacun être propriétaire d’un espace public de près de deux hectares. Ils affirment chacun détenir de permis d’occuper sur le site délivré sous l’ancien maire de la Commune, Issa Bocar Ballo. Pour la population de Kalaban Kouloubleni, « les prédateurs » au regard des textes, détiennent de « faux titres ».

L’information a été rendue publique lors d’une assemblée générale de restitution, samedi 29 mai 2021, à laquelle ont assisté le maire de la Commune Tiécoura H Diarra, le commissaire du commissariat de police, le représentant de la Brigade de recherche, le président de la société civile, le chef de quartier de Kouloubleni.

Pour mieux cerner cette affaire d’espace, il est utile que nous rappelions que sur le plan approuvé, le site est bien réservé pour être un espace public. Les années passèrent, des maisons sortirent de terre autour du site. Afin que des individus mal intentionnés ne fassent main basse sur l’espace, plusieurs pieds d’arbres y ont été plantés.

En 2018, quelle ne fut leur surprise des gens de voir un beau matin des chargements de sable déposés sur une bonne partie dudit espace. Qui sont les auteurs de ces déchargements ? Des porteurs d’uniformes et des civils ! Leur tentative d’y construire des maisons a été stoppée par la population du secteur et par le tribunal de la Commune V. Ce fut la première victoire de la population de Kouloubleni sur la bande de spéculateurs fonciers.

Malgré une décision de justice qui ne leur a pas été favorable, la bande de militaires et leur complice de maire Ballo, n’ont pas désarmé. Ils sont revenus à la charge cette fois-ci en changeant de stratégie.

Ont-ils assigné devant le TPI CV l’entreprise SFTP qui a obtenu du chef de quartier une autorisation d’entreposage de matériaux de construction de la route de Kouloubleni sur l’espace de quitter « leurs parcelles ». C’est cette décision du tribunal qui a mis le feu aux poudres.

Lors de l’assemblée générale, la jeunesse du quartier appuyée par le maire Tiécoura Hamadoun Diarra, le chef de quartier se dit déterminée à ce que l’espace reste la propriété de la Commune.  La stratégie de lutte sera la saisine du tribunal de la Commune V. Un avocat a déjà été commis.

L’édile communal est longuement revenu sur l’occupation illégale des espaces publics dans sa Commune en rappelant les dispositions de changement de vocation d’un espace public en parcelles à usage d’habitations. A ses dires, dans le cas d’espèce, se référant aux archives de la mairie, rien des procédures de changement de vocation n’a été respectée par l’ancien maire de la Commune, Issa Bocar Ballo mais les autres services, semblent-ils, ont morcelé l’espace querellé comme s’il était leur propriété. « Les textes en République du Mali sont clairs. Seul le conseil communal, après avis des riverains, peut décider du changement de la vocation ou non d’un espace public. Tout acte contraire est illégal », a rappelé le maire Diarra. Or, il s’avère qu’on est en présence du dernier cas.  Estimant que l’espace ne pourrait être un fonds de commerce, la population de Kouloubleni intentera un procès contre les personnes qui ont « vendu » leur espace sans leur aval et celui de la mairie.

C’est dire que dans les jours à venir, le maire sortant Issa Bocar Ballo aura à s’expliquer devant la justice. Nos tentatives de joindre l’ancien maire ont été vaines.

Affaire à suivre !

Amadou Sidibé

Source: Arc en Ciel

MaliwebSociété malienne
Un espace public d’environ deux hectares situé à Kalabancoro-Kouloubleni est aujourd’hui convoité par plusieurs personnes des militaires et des civils. Saisie par la population, la mairie pointe un doigt accusateur sur l’ancien maire.  A Kalabancoro Kouloubleni ce sont quatre citoyens dont deux porteurs d’uniformes et deux civils qui se réclament...