Le Centre International de Conférences de Bamako (CICB) a abrité la troisième audience publique de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR), le samedi 3 avril dernier, sous le thème «les disparitions forcées». Parmi les quatorze témoignages recueillis figuraient ceux des familles de Abdoul Karim Camara dit Cabral, de Fily Dabo Sissoko, Hamandoun Dicko et de Kassoum Touré dit «Marabaga Kassoum», figures emblématiques du Mali. Malgré leur pardon, ceux-ci ont demandé «la reconnaissance des lieux du crime » et l’organisation d’une « cérémonie de funérailles nationales » pour leurs proches.

Comme les deux précédentes audiences, cette troisième audience publique de la commission vérité, justice et réconciliation (CVJR) visait à rendre aux victimes leur dignité afin de faciliter leur guérison.

Selon AMAP, c’est une initiative qui cherche aussi à promouvoir la reconnaissance nationale des victimes ainsi que l’intégration de leurs récits à la mémoire et à l’histoire nationales  du Mali.

En effet, le président de la CVJR, Ousmane Oumarou Sidibé, a  souligné  les circonstances qui peuvent conduire à une  disparition forcée, thème de cette troisième audience de la CVJR. Selon lui,  «les rébellions, coups d’Etat, tentatives de coups d’Etat et autres crises politiques sont, hélas, accompagnés bien souvent de disparitions forcées» a-t-il souligné tout en rappelant l’article 7 point i du statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI) qui considère  comme disparition forcée chaque fois  que  «des personnes sont arrêtées, détenues ou enlevées par un Etat ou une organisation politique ou avec l’autorisation, l’appui ou l’assentiment de cet Etat ou de cette organisation, qui refuse ensuite d’admettre que ces personnes sont privées de liberté ou de révéler le sort qui leur est réservé ou l’endroit où elles se trouvent, dans l’intention de les soustraire à la protection de la loi pendant une période prolongée».

Si les institutions judiciaires internationales et nationales cherchent à punir  ce crime, l’objectif de la commission vérité, justice et réconciliation,  est avant tout,  d’obtenir le pardon des victimes ou leur famille. D’ailleurs, les  familles de ces victimes ont accepté le pardon, mais  elles ont demandé «la reconnaissance des lieux du crime» et «qu’il y ait une cérémonie de funérailles nationales» en la mémoire de leurs proches,  figures emblématiques de l’époque.

Il s’agit notamment de Fily Dabo Sissoko, Hamadoun Dicko et Kassoum Touré dit «Marabaga Kassoum»  tous arrêtés à la suite de leur contestation contre la politique de la monnaie malienne, le franc malien, et le célèbre leader estudiantin, Abdoul Karim Carama dit Cabral.

L’objectif de leur famille est la réhabilitation totale et entière de ces «notabilités» du Mali afin de restaurer leur dignité.

Présente à l’ouverture des travaux,  la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Mme Bintou Founé Samaké, qui a présidé la cérémonie a signalé   que la paix et la réconciliation nationale occupent une place de choix de le programme de la Transition.

« En réponse à une attente forte de nos concitoyens meurtris par une crise multiforme qui a fragilisé le fondement même de notre nation, héritière pourtant d’une tradition multiséculaire, de tolérance, d’humanisme et de vivre ensemble {…}. Aujourd’hui, plus que jamais, l’ensemble de nos concitoyens doivent comprendre la nécessité de protéger la liberté de la personne et de sa sécurité, qui demeurent des biens précieux, essentiels pour tous les êtres humains », a-t-elle indiqué selon AMAP.

Issa Djiguiba 

Source: Journal le Pays- Mali

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Le Centre International de Conférences de Bamako (CICB) a abrité la troisième audience publique de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR), le samedi 3 avril dernier, sous le thème «les disparitions forcées». Parmi les quatorze témoignages recueillis figuraient ceux des familles de Abdoul Karim Camara dit Cabral, de...