Ce sera l’une des attractions du festival culturel Ogobagna 7. Comme lors des précédentes éditions, les visiteurs pourront une nouvelle fois se délecter des pas et de la rythmique du Sandjeli, une danse traditionnelle du Plateau dogon.

 

Même si elle est difficile à dater, l’histoire du Sandjeli est aussi vieille que la présence des Dogons sur les hauteurs de Bandiagara.  Danse de réjouissances, pour célébrer les événements heureux (mariage, baptême) ou pour accueillir une personne importante, le Sandjeli se déploie aussi durant la période comprise entre la culture et la récolte. Cette pause est mise à profit pour se reposer, se requinquer, s’amuser, afin d’attaquer la phase des récoltes avec entrain et envie. Véritable identité culturelle du Plateau dogon, le Sandjeli, danse populaire et « physique », demande de la vitalité et un certain équilibre. Au rythme des percussions, les danseurs bougent vigoureusement leurs jambes du haut vers le bas et les bras sont synchronisés avec ces mouvements. Le Sandjeli se danse à deux, trois, voire un peu plus. « Le danseur principal a la possibilité d’inviter des accompagnants à le rejoindre. Pour cela, il utilise un foulard qu’il jette en direction des personnes concernées », explique Aly Dolo, maire de Sangha, une localité proche de  Bandiagara. Les Dames, elles, doivent enrouler le foulard autour du cou de celui qu’elles souhaitent inviter à les accompagner. Arborant des parures, elles se courbent plus dans leurs mouvements, qui gardent tout de même la même intensité.

Popularisé à Bamako

Rendu populaire hors de sa terre d’origine et de son milieu habituel par le festival Ogobagna, le Sandjeli est pratiqué dans la capitale par plusieurs ressortissants de la zone. « Les jeunes sont fiers de leur culture et aujourd’hui ils ne l’ont pas abandonnée. Ils la perpétuent au-delà des frontières du Plateau dogon », se réjouit Dolo. Avec les déplacements vers les grandes villes, la crainte de la perte de cette identité culturelle pouvait se poser, mais elle n’est pas à l’ordre du jour, affirme Dolo, qui, même s’il affirme être bon danseur, reconnaît toutefois ne pas maîtriser totalement le Sandjeli. Une question d’âge ? Que nenni, simplement tous les gabarits ne correspondent pas aux pré-requis physiques pour valablement exécuter les pas. Ces derniers agrémentent les cérémonies heureuses des N’Tomo (ceux qui dansent le Sandjeli) à Bamako.

Boubacar Sidiki Haidara

Source : Journal du Mali