Malgré les promesses faites par le gouvernement de récompenser les corps d’enseignements frappés par les conséquences de l’uniformisation des grilles des salaires, le Collectif des enseignants refuse tout compromis et campe sur sa position : l’application pleine et entière de l’article 39. Or, la décision d’uniformiser les grilles pour tous les fonctionnaires de l’Etat s’inscrit dans le cadre de la lutte contre une injustice sociale contre laquelle, le Collectif n’avait eu de cesse de lutter jusqu’à l’adoption de son statut particulier.

 

Après un calme précaire, le front scolaire est en cours ébullition. Des enseignements ont repris les mouvements de contestation depuis l’adoption de la décision d’uniformisation des grilles de salaires pour tous les travailleurs de la fonction publique. Une mesure contre une injustice sociale, mais rejetée par le collectif parce qu’il remettrait en cause un acquis syndical.
Face à la situation, le ministère du Travail, de la fonction publique et du dialogue social a rencontré le Collectif sur le bien-fondé de cette décision, tout en promettant des mesures pour récompenser ceux dont les indices seraient diminués.
En effet, contrairement à certains discours des enseignants, le ministère du Travail, de la fonction publique et du dialogue social soutient que la quasi-totalité des enseignants (catégories B, C) à l’exception des classes (1ere exceptionnelle) de la classe A et les 3e, 2e et 1ere classe du premier échelon bénéficieraient également d’une majoration.
Ainsi, pour ceux qui perdraient en points d’indice (1ere classe et la classe exceptionnelle de la catégorie A), le gouvernement propose des alternatives en vue de leur permettre de préserver les acquis syndicaux sans enfreindre à la volonté affichée du gouvernement d’uniformiser les grilles pour lutter contre les inégalités et disparités de traitement entre les travailleurs de la fonction publique.
A cet effet, les autorités ont prévue de faire avancer la 1ere classe exceptionnelle de la catégorie A des enseignants à l’échelon immédiatement supérieur pour récompenser la perte d’indice dûe à la mesure.
Malgré ces promesses et engagements de compensation, le Collectif refuse tout compromis et campe sur sa position tout en appelant à la rétention de notes, au boycott des examens. Comme si cela ne suffisait pas, les syndicats d’enseignants annoncent une grève de plus de 220 heures. Une position extrémiste qui se résume ainsi : « Rien sans l’application de l’article 39 ». Ils exigent une application rigoureuse de cette disposition, même si elle va à l’encontre la volonté de la majorité des travailleurs de la fonction publique qui demandait cette uniformisation des grilles de salaire.
Certes, cet article est un acquis syndical, mais l’intérêt général commanderait au Collectif d’accepter des compromis de compensation pour ceux qui en seraient victimes. Sans cela, c’est la reprise de la crise scolaire avec ses répercussions sur tout pays, et les enfants en premier lieu. Et l’image que ces enseignants renvoient est moins celle d’individus soucieux de l’école, mais de leur gain.
Sinon où est la sincérité lorsque dans la série de revendications des grévistes, aucun point ne porte sur le recrutement de nouveaux enseignants dont le manque se fait pourtant cruellement sentir  ou l’équipement des centres d’apprentissage? Or aujourd’hui, les conditions exécrables d’enseignement dans nos établissements crèvent les yeux. Celles-ci ne constituent pas un problème pour nos chers enseignants parce qu’elles ne touchent pas directement à leur popote.
Ce qui vaut, ce n’est pas le sort ou l’avenir de l’école, mais le combat pour des intérêts particuliers.

Par Sikou BAH

Source : Info-Matin

MaliwebEducation
Malgré les promesses faites par le gouvernement de récompenser les corps d’enseignements frappés par les conséquences de l’uniformisation des grilles des salaires, le Collectif des enseignants refuse tout compromis et campe sur sa position : l’application pleine et entière de l’article 39. Or, la décision d’uniformiser les grilles pour...