Ce jeune homme de 22 ans, né dans la localité de Bisso, au Niger, a comparu, le mardi 12 octobre, devant la Cour d’Assises Spéciale de Bamako, consacrée au terrorisme. Houssa Hamadou a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité. Après l’annonce de la sentence, l’accusé dit ne pas être d’accord avec le verdict et le président de la Cour lui a rappelé qu’il a trois jours pour faire appel.

 

Les faits se sont déroulés à Tabancort (Gao), en 2017. Houssa Hamadou décida de rejoindre en brousse un groupe terroriste suivant les conseils d’un ses amis au Niger. Il sera recruté pour les travaux ménagers par ledit groupe terroriste, moyennant un salaire mensuel de 50.000 FCFA. Le chef de ce groupe terroriste, un certain  » Zeid  » (sans autre précision), sentant la menace d’une frappe à venir, décida de délocaliser le groupe qu’il dirigeait à Tabancort. C’est au cours de ce déplacement, que se voyant repérés par la Force Barkhane, ils ont pris la poudre d’escampette, abandonnant Houssa Hamadou avec son arme.

Ce dernier a ainsi été capturé et désarmé par les éléments du GATIA puis remis aux autorités de la région de Gao, qui l’ont transféré à Bamako. Ainsi, il sera présenté au parquet du Pole judiciaire Spécialisé, qui a requis l’ouverture d’une information judiciaire pour des faits d’  » appartenance à un groupe de combat, intentionnellement en relation avec une entreprise terroriste, d’actes de terrorisme par détention, port des armes et munitions de guerre « . Au cours de son  interrogatoire de fond devant le magistrat instructeur, le 10 juillet 2020, l’inculpé reconnut avoir rejoint ledit groupe terroriste pour y travailler en connaissance de cause. Il a reconnu avoir été capturé en possession d’une arme de guerre, de type AK47, avec chargeur et munitions, dont il réfute la propriété, en l’attribuant à un certain Moussa, sans autre précision. Arme qui serait tombée au cours de sa fuite.

A la barre, Houssa Hamadou est revenu sur les conditions de son arrestation à la demande du jury. C’est un accusé étrange, qui n’a pas pu dire le nom du groupe terroriste qu’il avait rallié tout au long des débats. Il a reconnu avoir été interpellé en possession de l’arme AK47, tout en soutenant ne pas savoir manier l’arme. Des explications qui n’ont pas convaincu la Cour ainsi que le parquet.

Dans son réquisitoire, le parquet a demandé à la Cour de retenir l’accusé dans les liens de prévention suivant les dispositions de la loi portant répression du terrorisme au Mali. Il soulignera que l’accusé est dans la dénégation totale sachant bien qu’il a adhéré à un mouvement terroriste pour la modique somme de 50.000 F CFA par mois, alors qu’il est berger et menait ses petites activités. Ajoutant que l’arme AK47 ainsi que les munitions lui appartenaient bel et bien puisqu’une arme est offerte aux nouveaux arrivants dans les groupes terroristes.

La défense, quant à elle, a argué qu’il n’y a pas d’éléments factuels dans le dossier pour retenir Houssa Hamadou dans les liens de prévention, ajoutant que l’accusé a souligné au cours de son audition devant la Cour que l’arme de guerre ainsi que les munitions ne lui appartenaient pas et qu’il ne sait pas s’en servir.

La Cour a condamné le Nigérien à la réclusion criminelle à perpétuité ainsi qu’au paiement de 10 millions de FCFA d’amende. Elle a aussi requis 16 millions de F CFA à titre de dommages causés à l’Etat, réclamés par le contentieux de l’Etat.

Oumar BARRY

Source: l’Indépendant

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