Le Nigérien A.O dit Bami s’est présenté devant les jurés à la barre. Il a, en 2019, été interpellé par la force Barkhane, lors d’une patrouille de recherches dans la localité de Tegalet, une zone du Niger infectée de groupes terroristes, alors qu’il tentait de se cacher.

En se retrouvant en ce lieu, le berger ignorait commettre un acte passible d’une peine criminelle.
Dans la journée du 17 octobre 2019, les militaires de Barkhane menaient une opération dans la localité de Tegalet au Niger, lieu d’intenses activités du groupe terroriste Etat islamique au Grand Sahara, à la recherche de deux individus armés, lesquels avaient pris la fuite à leur arrivée dans ladite localité. C’est ainsi qu’ A.O a été découvert caché, sous un couvert végétal : non loin de lui une arme et une moto abandonnées.

Capturé puis remis le 25 octobre de la même année à la Brigade d’investigations spéciales du Pole le judiciaire spécialisé, pour enquête, il a été déféré au parquet du pôle judiciaire spécialisé du Tribunal de grande instance de la Commune VI du District de Bamako qui le poursuivait pour des faits d’appartenance à un groupe de combat en lien intentionnellement avec une entreprise terroriste.

À l’audience, l’inculpé de teint clair, taille moyenne et peu barbu s’est présenté à la barre. Après la lecture de son arrêt de renvoi par la greffière, l’accusé en boubou blanc, assisté d’un interprète n’a pas reconnu les faits reprochés à lui. A.O est resté constant dans cette logique de nier les faits tant à l’enquête préliminaire que devant le juge d’instruction. Il a déclaré être un berger et n’est lié à aucun quelconque réseau terroriste. L’homme a également réfuté les circonstances de sa capture, telles énoncées dans l’arrêt de l’accusation. Les questions de la Cour n’ont pas pu amener le berger à délier sa langue.

Le ministère public a, dans sa réquisition, déclaré que l’accusé a opté pour une dénégation globale des faits. Pour lui, cette stratégie prouve à suffisance son implication. Mieux, qu’il a été trouvé sur lui une carte mémoire contenant des fichiers audio en arabe, des images de groupes armés terroristes ou des figures du terrorisme et des vidéos de propagandes djihadistes. Se prononçant encore sur les preuves contre lui, l’avocat général a ajouté qu’il a été capturé dans une zone infectée de terroristes.

La défense a soutenu l’innocence de son client. « Il a déclaré être un berger et qu’il n’appartient à aucune organisation terroriste », dit-il. Pour lui, les contenus de la carte de mémoire trouvée sur lui, ne peuvent faire de lui un terroriste. Le conseil s’est dit convaincu du fait qu’on lui a prêté une intention mais tout porte à croire qu’il n’est pas terroriste. Et de trouver qu’il y’a un doute sur la personne recherchée par Barkhane.

La culpabilité établie par la Cour sans des circonstances atténuantes, sur la peine, le parquet a requis la réclusion à perpétuité assortie d’une amende de 10 millions de Fcfa. La défense a continué dans sa logique de solliciter la clémence de la Cour. Elle lui a demandé de penser à la situation familiale de l’accusé qui se trouve être père de 5 enfants.

Après délibération, la Cour a condamné l’inculpé à la réclusion à perpétuité et au paiement de la somme de 10 millions de Fcfa d’amende. Le berger doit également s’acquitter également de la même somme à titre de dommages-intérêts pour l’état du Mali.

T.C

Source : L’ESSOR

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Le Nigérien A.O dit Bami s’est présenté devant les jurés à la barre. Il a, en 2019, été interpellé par la force Barkhane, lors d’une patrouille de recherches dans la localité de Tegalet, une zone du Niger infectée de groupes terroristes, alors qu’il tentait de se cacher. En se retrouvant...