A la barre le mardi 30 novembre dernier, Maria Diarra, ‘’la daronne’’ du rappeur King Kj et ses complices répondaient aux chefs d’accusation suivants : «Atteinte aux biens publics, délit de favoritisme et complicité d’atteinte aux biens publics ».A cet effet, dans sa délibération, la Cour a condamné Maria Diarra et son coaccusé Seyni Tambadou à 5 ans de réclusion criminelle et une amende de 5 millions de FCFA chacun. Le même sort a été infligé à Habib Samuel Keïta mais cette fois-ci avec sursis et une amende de 5 millions avec le remboursement collectif de la somme de 631.131.847 FCFA non justifiée. Aussi, avec leur absence au procès, les complices Kafounè Diamouténé et Maïmouna dite Yaye Tambadou ont pris la perpétuité. Néanmoins, Bourama Koné et Almoudou Coulibaly ont été acquittés

L’atteinte aux biens publics, délit de favoritisme et complicité d’atteinte aux biens publics sont des faits prévus et punis par les articles 24, 106 et 107 du Code pénal du Mali.

Des individus ont été accusés de ces délits portés à l’Institut pour l’Education Populaire du Mali (IEP).Une ONG créée en 1993, intervenant dans les domaines du développement et l’éducation au développement.

En effet, dans le cadre de ses activités, l’IEP a obtenu   en 2012 du royaume des Pays-Bas, à travers son Ambassade au Mali, un financement à hauteur de 1.057.455.360 de FCFA en vue de la généralisation du curriculum de l’enseignement dans l’éducation fondamentale au Mali sur la période allant de 2012 à 2014, puis sur prorogation jusqu’en 2016.

Ainsi, à la signature du contrat, les deux parties convenaient de leurs droits et obligations réciproques, en contrepartie de la mise à disposition des fonds par les Pays-Bas. A cet effet, l’IEP devait les utiliser aux fins convenues, conformément à une procédure rigoureuse tout en produisant d’abord, des rapports narratifs et financiers annuels afin de permettre au bailleur d’assurer le suivi puis faire le rapport final  et l’audit de fin d’activité pour s’assurer de la sincérité des différentes opérations de dépenses à travers l’examen des pièces justificatives.

A l’échéance de la relation contractuelle, Maria Diarra, directrice de l’IEP s’est curieusement illustrée par un comportement qui inspirait le doute chez le bailleur de fonds. En effet, contrairement aux termes du contrat, l’IEP tardait à produire les pièces justificatives pour une partie du montant utilisé du fait, semble-t-il, de la maladie de sa directrice. Cette situation conduisait le Cabinet chargé de l’audit de fin d’activité, à émettre des réserves quant à la sincérité de la gestion faite par l’IEP des fonds mis à sa disposition par les Pays-Bas. C’est ainsi que l’Ambassade du pays indiqué au Mali a commis en juin 2017 un auditeur externe et étranger, notamment un cabinet béninois d’expertise comptable qui, dans son rapport final produit en Novembre 2017, a relevé moult irrégularités dont 20.000.000 FCFA environ utilisés en violation totale des procédures et 610.438.003 engagés par l’IEP sans la moindre pièce justificative.

Dans la même foulée, cet audit a permis également de découvrir que pour la même activité financée par les Pays-Bas, notamment le programme « Suivi de la généralisation du curriculum de l’enseignement fondamental au Mali », l’IEP avait obtenu et utilisé un autre financement de la Fondation William et Flora Hewlett des Etats-Unis d’Amérique. Et au vu des conclusions troublantes de ce rapport d’audit, l’Ambassade des Pays-Bas au Mali a porté plainte devant le Parquet, contre la directrice de l’IEP en la personne de Maria Diarra  et ses collaborateurs que sont Seyni Tambadou, Habib Samuel Keïta, Bourama Koné, Almoudou Coulibaly, Kafounè Diamouténé et Maïmouna dite Yaye Tambadou pour atteinte aux biens publics et délit de favoritisme.

En conséquence, leur procès a été programmé à l’assise spéciale sur les crimes économiques et financiers, à son audience du mardi 30 novembre dernier. Les incriminés ont tous répondu présents sauf Kafounè Diamouténé et Maïmouna dite Yaye Tambadou. Pour cela, après un débat houleux autour de l’affaire, la maman de King Kj (Maria Diarra) et son coaccusé Seyni Tambadou ont écopé de 5 ans de réclusion criminelle et une amende de 5 millions de FCFA chacun. Dans la même veine, le même sort a été infligé à Habib Samuel Keïta cependant avec sursis et une amende de 5 millions avec le remboursement collectif de la somme de 631.131.847 FCFA non justifiée. Jugés par contumace, Kafounè Diamouténé et Maïmouna dite Yaye Tambadou sont punies à la perpète. Et Bourama Koné et Almoudou Coulibaly acquittés.

Par Mariam Sissoko

Source: Le Sursaut

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A la barre le mardi 30 novembre dernier, Maria Diarra, ‘’la daronne’’ du rappeur King Kj et ses complices répondaient aux chefs d’accusation suivants : «Atteinte aux biens publics, délit de favoritisme et complicité d’atteinte aux biens publics ».A cet effet, dans sa délibération, la Cour a condamné Maria Diarra et...