La 3e session de la Cour d’assises de Bamako en transport à Ségou s’est ouverte lundi dernier dans la salle de conférence du Conseil régional. Cette session jugera 24 affaires de crimes de sang 15 infractions, dont 11 cas de viols, les atteintes aux biens publics, des cas de vols qualifiés, de faux et usage de faux et de trafic de drogue.

L’ouverture de la 3e session de la Cour d’assises de Bamako en transport dans la capitale des Balazans a réuni les hautes autorités politiques et administratives de la région de Ségou. Ce qui a donné l’occasion au procureur général près la Cour d’appel de Bamako, Daniel Tessougué de les remercier d’avoir abrité la session et surtout pour l’accueil chaleureux.

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Pour M. Tessougué, rien ne sera plus jamais pareil dans notre pays à cause des derniers événements et surtout les dernières élections qui ont démontré la capacité du peuple Malien à prendre en main sa destinée. Il a aussi invité les juges à plus de rigueur, car le représentant du ministère public qu’il est, dit voir chaque jour passer sous ses yeux la révolte du citoyen malien. De partout fusent des récriminations avec leur lot de larmes, a-t-il insisté.

 

 

Il a déploré ce juge comme complice du malfrat qui, sous sa robe à un cœur de pierre, aveuglé par sa cupidité voit dans chaque dossier une occasion de se remplir la poche. Le procureur Tessougué indiquera par ailleurs que l’indépendance la justice est trop mise en avant pour s’extraire de la légalité.

 

Ne jamais manger le « faden to » !

Il a conclu que la force de la justice assurera celle de l’Etat, car une justice honnêtement rendue dans un délai raisonnable en toute indépendance sera un rempart contre toutes les injustices.

 

Le bâtonnier de l’Ordre des avocats a pour sa part évoqué les rapports souvent difficiles entre des magistrats et des avocats qui font que les populations ne font plus confiance en leur justice.

Le président, ouvrant la session, a indiqué que le choix de Ségou pour cette 3e session n’est pas fortuit parce que la capitale de la 4e région, rappellera-t-il, une ville pleine d’histoire et de culture.

 

Comme dit l’adage bambara « tu ne mangeras pas le to de ton frangin » qui n’est nullement une incitation à la haine, mais plutôt une invitation a ne pas toucher à la femme, aux biens et à la vie de ton prochain.

Le président dira qu’en respectant des préceptes anciens de la culture et de la morale que va rester de la délinquance ? Pas grand-chose, répondra-t-il.

Il a enfin invité les uns et les autres et particulièrement la jeunesse à retourner aux valeurs sociétales.

 

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Histoire:… d’un chasseur de… lièvres

 

Le vieux Sidibé, agriculteur de son état, a pris sa retraite depuis maintenant 10 ans.

Domicilié à Yirimadjo, et âgé de 62 ans, il est marié à 2 femmes et père de 12 enfants.  Respecté par tous les voisins pour son âge et sa conduite sans reproche, D. Sidibé est aussi un des fidèles à la mosquée du coin.

Seulement, depuis deux mois maintenant, le vieil homme, par ses choix alimentaires capricieux, est devenu de plus en plus insupportable pour ses enfants, principaux supports de la famille.

 

En effet, ils sont obligés, tour à tour et chaque jour, depuis octobre 2012 de débourser la somme de 2 500 Fcfa (par jour) pour l’achat d’un lapin. Et pour cause. D. Sidibé, ne veut manger autre chose que de la chair fraîche de lapin. Et, c’est au grand soulagement de la famille que, depuis maintenant près d’un mois, le vieux, n’exige plus de lapin acheté. Il a tout simplement confectionné lui-même un piège qu’il installe régulièrement dans un champ… En ces lieux, a-t-il confié à sa famille, les lièvres sont légion. Et, depuis, tous les matins, vers 5 heures D. Sidibé, après la prière à la mosquée, revient à la maison avec un « lièvre » dépecé et prêt à être préparé.

 

 

De l’animal cependant, personne n’aura vu, ni la peau, ni la tête, ni les pattes.

Mais ce 8 septembre, les « chasses réussies » du vieux Sidibé devraient prendre fin. Avec elles, ses caprices à vouloir manger du lièvre.

Il était en effet, 3 heures du matin, quand la famille du vieil homme a été alertée par un vacarme dans sa chambre. Un vrai combat semblait s’y dérouler.

D. Sidibé, était-il face à un bandit qu’il tentait de coincer ? Avait-il perdu la tête ?

Sans hésiter, les enfants défoncèrent la porte.

Le vieux père était toujours entrain de se débattre dans l’obscurité.

Grâce aux lumières des torches, la famille, aidée par les voisins tous armés de bâtons et de gourdins, devait retenir son ardeur en découvrant le spectacle.

 

Point de voleur dans la chambre. Mais plutôt un gros chat qui immobilisait le vieil homme, enfonçant ses crocs dans sa jambe.

Etendu à même le sol, (non loin de son piège que l’on imaginait au « champ ») D. Sidibé ne se remuait plus.

Foudroyé enfin par les coups de gourdins des « sapeurs pompiers », l’animal lâcha alors prise.

Fort heureusement, D. Sidibé était bien vivant. Il était resté immobile pour calmer l’animal afin d’en être débarrassé.

Après quoi, le vieil homme a été conduit dans un centre sanitaire pour faire soigner sa plaie et se faire administrer des injections contre la rage et le tétanos.

 

Notre « chasseur » refuse cependant d’admettre que tous les « lièvres » qu’il avait « chassés » jusqu’à ce jour, n’étaient que des chats qu’il attrapait dans sa propre chambre à l’aide du piège qu’il plaçait devant la fenêtre par laquelle entraient les felins.

Mais, dans cette zone, soutiennent de leur côté des paysans, il n’y a jamais eu de lièvres.

De toutes les manières, lièvre ou chat, D.Sidibé a désormais changé son régime. A présent, il est friand de viande de… chèvre ou de bœuf.

 

Boubacar Sankaré

Source: Le 26 Mars