En prison depuis le 26 août dernier, Soumeylou Boubeye Maiga, ancien premier ministre du Mali se trouve dans une condition ne reflétant pas son rang. Dans un communiqué publié ce 3 septembre, le collectif des conseils pour la défense de l’incriminé tire l’attention des plus hautes autorités.

Soumeylou Boubeye Maiga, connu sous le sobriquet ‘’Tigre’’, vit en prison comme les autres détenus. Leader politique qu’il est, l’ancien premier ministre et ministre de la Défense et des Ancien combattants partage sa cellule avec plus de 70 prisonniers, depuis sa détention, le 26 août dernier à nos jours, à la maison centrale d’arrêt de Bamako. S’exprimant sur la problématique, le collectif de ses conseils dit avoir d’abord été surpris par l’inculpation et le placement « immédiat et injustifié » de Soumeylou Boubeye Maiga, suite à un mandat de dépôt décerné contre lui par la chambre d’accusation de la cour Suprême. Ecrit noir sur blanc, ce communiqué informe l’opinion nationale et internationale que le porte-étendard de l’ASMA(SBM), vit dans une condition déplorable. «Le collectif déplore notamment sa condition de détention à la maison d’arrêt de Bamako, où il partage un dortoir avec 77 détenus, sans aucune disposition de nature à garantir la protection de sa vie, son intégrité physique, ni de sa santé et dans des conditions inhumaines et dégradantes ». Un tel traitement demeure « inadmissible », aux yeux de ces avocats qui rappellent que l’incriminé est l’un des cadres de ce pays. « Ce traitement est, disent-ils, inadmissible, d’autant plus qu’en raison de son rang, la constitution en son article 95, le rend justiciable non pas d’une juridiction de droit commun, mais de la Haute cour de la justice, une juridiction d’exception ». Les faits (achat de l’avion présidentiel et des équipements militaires) pour lesquels l’homme fort de l’ASMA est poursuivi, remontent aux années 2013-2014. Ils (les faits) ne sont donc pas, souligne le collectif, susceptibles d’être « altérés ou falsifiés ».Dans ce dossier impliquant l’ex-PM en prison, il n’existe aucun risque de subornation de témoin, et Soumeylou Boubeye Maiga a toujours répondu aux convocations, voire offert toutes les garanties de respectabilité devant la justice malienne, selon les avocats. Comme mentionné dans leur communiqué, « face à cette situation d’une rare gravité, une lettre a été adressée au ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, pour dénoncer les conditions inacceptables de détention de l’ancien-premier ministre, ministre de la Défense et des Anciens combattants et l’ancien secrétaire général de la Sécurité d’Etat pendant 10 ans ». Soumaylou Boubeye Maiga, à l’heure où nous sommes, séjourne à la maison centrale d’arrêt de Bamako avec plus de 3000 détenus, parmi lesquels se trouvent environ 200 présumés terroristes, indique-t-on dans le communiqué. Au nombre de huit(8) cabinets d’avocats dont celui de Me Kassoum Tapo, les spécialistes de droit demandent aux autorités de revoir les conditions de détention de l’ex-PM de Ibrahim Boubacar Keita, l’ancien Président du Mali renversé par les militaires au pouvoir, le 18 août 2020, à la suite d’une forte pression de la rue.

Mamadou Diarra

Source: LE PAYS

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En prison depuis le 26 août dernier, Soumeylou Boubeye Maiga, ancien premier ministre du Mali se trouve dans une condition ne reflétant pas son rang. Dans un communiqué publié ce 3 septembre, le collectif des conseils pour la défense de l’incriminé tire l’attention des plus hautes autorités. Soumeylou Boubeye Maiga,...