Plus d’une centaine de personnes – des opérateurs économiques, de hauts fonctionnaires, ou d’anciens ministres – défileront, les jours à venir, devant les enquêteurs du Pôle Economique et Financier. C’est dans le cadre de l’enquête sur l’achat du Boeing présidentiel ; mais aussi, des équipements militaires, qui ont vu des centaines de milliards de nos francs, fondre comme du beurre au soleil. Du coup, c’est le « chauve – qui peut ! » au sein de la Rue publique.

Pour échapper à la justice, certains ont, déjà, quitté le pays à moto ou à dos d’âne ; d’autres, convoqués par le procureur, refusent d’y répondre. D’autres encore, sous mandat d’arrêt international, continuent leur fuite à travers le monde ; tandis que ceux qui sont encore au pays, multiplient les sacrifices pour échapper aux fouineurs du Pôle Economique et Financier. Pour eux, aucun sacrifice n’est de trop, ni trop cher : urine de lion, testicules de moustique, bave de scorpion ou foie de griot…

Surfacturations à la pelle

Dans son adresse à la nation, du 22septembre dernier, le président de la Transition, SEM Assimi Goïta, réclamait l’audit de la Loi de Programmation Militaire (LOPM).
Initiée, par le président IBK, elle visait à doter les Forces armées et de sécurité maliennes d’équipements adéquats à hauteur de 1.232 milliards de Francs CFA.
Résultat : certains avions, interdits de vol en Europe, avaient été commandés pour l’armée. Avant qu’ils ne soient cloués au sol, quelques jours, seulement, après leur réception. De simples chaussettes avaient été surfacturés à 30.000 francs CFA la paire. Comme si, elles étaient capables d’arrêter les balles…
Et comme si tout cela ne suffisait pas, personne ne peut, jusque-là donner le prix exact auquel le Boeing présidentiel a été acheté. Certains avancent 22 milliards de Francs CFA ; d’autres, 18 ou 20 milliards de Francs CFA.
Dans une déclaration publique, Soumeylou Boubeye Maïga, ministre de la Défense d’alors, annonçait que l’avion présidentiel avait été acheté à 17,4 milliards de Francs CFA.
Depuis, l’interpellation et l’incarcération de Soumeylou Boubeye Maïga et Mme Bouaré Fily Sissoko – respectivement, ministre de la Défense puis Premier ministre et ministre de l’Economie et des Fiances d’IBK – la lutte contre la délinquance finance financière et l’impunité est entrée dans sa phase décisive.
Karim Keïta, fils de l’ex-président de la République, et non moins président de la Commission Défense de la défunte Assemblée nationale, est cité – tout comme Boubeye et Fily sissoko – dans le dossier dit « des équipements militaires et de l’avion présidentiel ». En fuite, il fait l’objet d’un mandat d’arrêt international.

Plus de 100 opérateurs économiques, bientôt, jugés pour « crimes économiques »

Autres personnes convoquées par le procureur de la Cour suprême : Moustaph Ben Barka. Ex- ministre de la Promotion des Investissements à l’époque des faits et actuel vice-président de la BOAD, à Lomé, il refuse de déférer à la convocation du procureur.
Selon une source judiciaire, proche du dossier, plus d’une centaine de personnes devront être entendus, les jours à venir, par le procureur en charge du Pôle Economique et Financier. Avant, peut-être, de rejoindre à la Maison Centrale d’Arrêt de Bamako, leurs co-accusés : Mahamadou Camara, ex-chef de cabinet et ex-ministre de la Communication et de l’Economie Numérique, ainsi que d’autres officiers et sous-officiers de l’armée.
En attendant, Soumeylou Boubeye Maïga, incarcéré le 26 août dernier, à la Prison centrale de Bamako, sera jugé, dit-on, par la Cour d’assises, lors d’une session spéciale consacrée aux crimes économiques ».

Oumar Babi 

Source: Canard déchainé

MaliwebJustice
Plus d’une centaine de personnes – des opérateurs économiques, de hauts fonctionnaires, ou d’anciens ministres – défileront, les jours à venir, devant les enquêteurs du Pôle Economique et Financier. C’est dans le cadre de l’enquête sur l’achat du Boeing présidentiel ; mais aussi, des équipements militaires, qui ont vu...