Les populations de Senou plateau se sont réunies en assemblée générale, hier mercredi, pour contester la décision d’un operateur économique de démolir plus de 200 maisons déjà habitées depuis plus d’un quart de siècle. En effet, un opérateur économique du nom de Boubacar N’DIAYE, avec l’appui d’un huissier et une lettre d’attribution qui date de 40 ans, a sommé les habitants de Sénou plateau de quitter leurs maisons avant le vendredi 19 novembre, date à laquelle toutes les maisons seront démolies

 

C’est aux environs de 9 heures que des centaines de femmes et d’hommes de Senou, avec à leur tête, le chef de village, Seydou Zan COULIBALY, ont envahi la place publique pour exprimer leur ras-le-bol face à cette affaire rocambolesque qui les tombe dessus.
En campant le décor, le chef de village, a expliqué l’objectif de ce soulèvement spontané. « Nous sommes là aujourd’hui parce que quelqu’un est venu prévenir nos frères et sœurs de quitter nos domiciles d’ici le 21 novembre au risque de nous faire déguerpir. Ils sont installés dans ce quartier depuis plus de deux décennies. Et, à notre grande surprise, un individu vient leur brandir un papier en les menaçant de quitter les lieux. Ce que nous lui donnons comme réponse, est que c’est sur notre cadavre qu’il viendra démolir ces maisons », a déclaré le chef de village, très en colère.
Selon lui, ces habitations ont été faites avec la plus grande peine, car les habitants de Senou sont en grande majorité pauvres. « Au lieu de venir nous intimider il devrait aller voir les autorités municipales de Senou qui ont vendu les lots en bonne et due forme. Ces habitants ont tous les notifications de la mairie. Ils ont aussi leurs permis d’habitation. Malgré tout le nommé Bakary N’DIAYE est venu leur dire de plier bagage. Il soutient que 5 hectares de ces terres lui appartenaient. Ce qui veut dire que les habitants doivent tous quitter les lieux. Quand l’on construisait ces maisons il était où ? Pourquoi il n’a pas alerté à temps ?, s’intérroge-t-il.
Selon le chef de village, le nommé N’DIAYE est allé intimider les habitants de Senou plateau avec une lettre d’attribution qui lui donnerait le droit de récupérer ces terres. « Pourtant la loi domaniale dit que la lettre d’attribution n’est valable que pendant trois ans. Une fois ce délai dépassé, la collectivité peut l’attribuer à une autre personne qui en a le plus besoin. Selon lui ; il a acheté ces terre depuis 1981 et son seul papier est la lettre d’attribution. Donc depuis 40 ans, il n’est plus venu voir ses soi-disant terres. C’est une chose impossible. Qu’il renonce à ces terres s’il veut la paix », a averti le chef de village.
Il a par ailleurs accablé les autorités administratives du cercle de Kati qui sont à la base de tous les scandales fonciers à Senau. « Ce sont les agents du domaine de Kati qui viennent montrer les lieus aux prédateurs fonciers. Sinon une terre acquise par une simple lettre d’attribution depuis 40 ans n’appartient plus à son prétendant », a-t-il expliqué
Il a ainsi lancé un appel aux différentes autorités exécutives, à savoir la Direction nationale de la police, de la garde nationale, de la gendarmerie à ne pas tenter même de les intimider. Qu’ils n’essaient surtout pas de toucher à une seule brique de nos maisons. Si toute fois les huissiers s’entêtent de le faire, il y aura une catastrophe ici, prévient le chef coutumier.
« Nous sommes sur notre terre depuis 1600.Donc ces terres nous appartiennent et ceux qui l’habitent ont été ordonnés par les autorités compétentes à l’époque. Puisque après la notification de la mairie, cette zone a été érigée en zone habitable par décret présidentiel. La population de Senou avait besoin d’être logé et le président ATT, après toutes les dispositions des cadres du domaine et du cadastre de l’état, a promulgué un décret qui donnait toute la latitude de le distribuer aux populations du village de Senou. Nous demandons au juge chargé de l’affaire d’annuler sa décision », a-t-il lancé.

PAR CHRISTELLE KONE.

Source : Info-Matin

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Les populations de Senou plateau se sont réunies en assemblée générale, hier mercredi, pour contester la décision d’un operateur économique de démolir plus de 200 maisons déjà habitées depuis plus d’un quart de siècle. En effet, un opérateur économique du nom de Boubacar N’DIAYE, avec l’appui d’un huissier et...