Dans moins de trois semaines, l’effervescence autour de la fête de tabaski sera générale à Bamako et partout au Mali. Avec, très probablement, les marchandages serrés autour des moutons aux prix excessifs.

C’est une habitude de l’enchérissement solidement collée à l’Aïd el Kébir. En effet, à chaque fête de Tabaski, le prix du mouton augmente. A tel point que beaucoup de chefs de familles, dont les revenus sont modestes, se résignent à renoncer au fameux bélier ou à faire l’impossible pour l’acheter.

Cette année encore, le scénario de la cherté autour du commerce des ovins ne va-t-il pas se répéter avec plus d’acuité ?

Tout laisse à le penser. Car, avec les effets de la crise Mali/CEDEAO, qui ont donné un coup de ralentissement à l’économie de notre pays, il est très probable que les marchés de bétail connaissent une logique des prix extrêmement élevés.

Si, actuellement, un mouton moyen se vend entre 80.000 et 120.000 FCFA, il faudra certainement débourser deux ou trois fois plus à l’approche de la Tabaski.

Des moutons hors de prix ? « Oui », confirme par Ali Kamian, vendeur de moutons. « Présentement, le mouton moyen peut s’acquérir à partir de 70.000 FCFA, mais il est certain que les prix du mouton vont flamber pour la Tabaski car il y a de cela 3 jeudis, bientôt 4 jeudis, que les forains ne vont plus au marché à cause des risques et des menaces des djihadistes dans le centre. Je vous parle de localités comme Boni, qui constituent les points majeurs d’approvisionnement du pays en moutons. Or, ces points tournent tous sérieusement au ralenti à cause de l’insécurité », explique-t-il.

Autre raison évoquée par notre interlocuteur comme possible cause de la montée prochaine des prix, c’est le nombre insuffisant de têtes de bétail disponibles pour le moment sur les marchés-clé d’approvisionnement.

Déjà durement touché par les conséquences de la crise diplomatique et économique, le portefeuille du Malien lambda risque d’être à nouveau vidé par l’obligation morale que les gens s’imposent et qui les pousse à vouloir acquérir un mouton coûte que coûte.

Pourtant, la peur du regard des autres, est la seule raison qui rend l’achat de mouton « impératif » aux yeux de beaucoup. Alors même que l’islam n’en fait guère une obligation. « Acheter un mouton pour la Tabaski n’est en aucun cas une obligation pour celui qui n’en a pas les moyens. Le Prophète (PSL) a bien dit qu’on ne devait tuer un mouton que si on en a les moyens. Mais, a ajouté le Prophète (PSL), si on n’en a pas les moyens, il est interdit de forcer pour acquérir vaille que vaille un bélier », certifie

oustaz El Hadji Touré, Imam adjoint de la mosquée de Titibougou.

 

2M T et Ketsia Konaté, stagiaire  

Source: Les Échos- Mali

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Dans moins de trois semaines, l’effervescence autour de la fête de tabaski sera générale à Bamako et partout au Mali. Avec, très probablement, les marchandages serrés autour des moutons aux prix excessifs. C'est une habitude de l’enchérissement solidement collée à l’Aïd el Kébir. En effet, à chaque fête de...