Normalement, le président de la République devrait procéder à un remaniement ministériel dès la mise en place du bureau de l’Assemblée nationale. Ce nouveau gouvernement, devrait refléter la configuration politique à l’Assemblée nationale. C’est pourquoi, aujourd’hui, tous les regards sont tournés vers IBK. Va-t-il demander la démission du gouvernement en vue de former un nouvel attelage ?

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Le remaniement ministériel en fonction de la configuration politique de l’hémicycle, est une volonté voire une habitude politique qui ne s’impose pas au président de la République. C’est plutôt à lui de juger de l’opportunité de changer d’équipe gouvernementale. Mais, la pression politicienne peut faire son effet. En ce moment, le Chef de l’Etat peut demander la démission de son Premier ministre en vue de former un nouveau gouvernement incluant peut-être tous ses… assoiffés de porte feuilles ministériels. On sait déjà qu’il y a des grincements de dents au sein du parti au pouvoir (dont certains critiquent la configuration de l’actuelle équipe qui ne semble pas avoir fait la part belle aux caciques du RPM qui pensent que leur heure a sonné depuis l’arrivée de IBK au pouvoir). Des alliés politiques, opportunistes, croient, également que la meilleure récompense que IBK puisse leur faire, c’est de leur offrir un maroquin. Tout cela, peut amener le président IBK à refaire son équipe gouvernementale.

Mais, un adage dit : « On ne change pas une équipe qui gagne ». Partant de là, le remaniement s’impose-t-il ? La réponse appartient à l’homme fort de Sébénikoro. Quand bien même le remaniement s’imposerait, le président IBK n’est pas obligé de se débarrasser de tous. On peut bien faire du nouveau avec du vieux. Ce qui veut dire qu’il peut maintenir dans le gouvernement les « bons » ministres qui auront fait preuve d’efficacité dans la conduite de leur département.

Par ailleurs, le chef de l’Etat a engagé un processus important dans le domaine de l’assainissement de la justice et la refondation de l’Armée nationale. C’est un travail de longue haleine et dont les résultats sont fixés dans le temps. Faire débarquer, par exemple, l’actuel ministre de la Défense, reviendrait à vouloir reprendre à zéro le processus engagé car, le nouveau chef de département viendra, sûrement, avec sa politique, son approche, dans ses bagages, et entreprendra de fixer un nouveau cap avec de nouvelles méthodes. C’est bien d’avoir de nouvelles approches, mais avec la situation actuelle de notre pays, l’heure n’est pas à l’éternel recommencement. Le pays a besoin d’avancer. C’est aussi valable pour l’actuel ministre de la justice, en bras de fer avec les Magistrats, ces seigneurs de la République, qui se croyaient jusque-là au-dessus de la loi. Le faire débarquer du nouveau gouvernement, signifierait donner raison aux magistrats, dont le comportement, osons l’avouer, n’est pas toujours exemplaire. D’ailleurs, un Etat corrompu, est une justice corrompue. C’est dire que les magistrats ont une grande part de responsabilité dans ce qu’est devenu le Mali corrompu jusqu’à la moelle épinière. Au contraire, le Président de la République doit apporter à ce ministre tout son soutien nécessaire afin de faire face à l’adversité vaine et ne pas faire ce qu’un certain ATT avait fait à son ministre de la justice quand celui-ci avait osé hausser le ton face… aux seigneurs de la République que sont les magistrats.

Osons croire que le nouveau gouvernement qui pointe à l’horizon sous la pression – on l’imagine – de tous les politicards, se fera avec raison. Que le bon sens prévale sur les intérêts et calculs politiciens !

Tiémoko

Source: Le Pouce