Plus rien n’est confidentiel dans l’administration publique malienne. De nombreux documents administratifs, confidentiels, font le tour des réseaux sociaux avant même d’arriver à destination. Les responsables ne sont ni démasqués ni sanctionnés. Une véritable plaie béante de l’administration.

 

Destinés à un cercle restreint d’acteurs concernés, le citoyen malien lambda voit de plus en plus défiler sur son smartphone des documents administratifs revêtus du sceau de la confidentialité. De nombreuses personnes visées par des décisions administratives ne cachent plus leur étonnement de retrouver des documents les concernant en premier sur les réseaux sociaux. Cet état de fait tend de plus en plus à se normaliser au Mali.

L’accès à l’information publique est garanti pour le citoyen. Toutefois, il s’opère dans un cadre bien défini. Certains actes administratifs sont confidentiels de par leur nature et ne doivent pas se retrouver en libre circulation dans l’espace public. Des moyens administratifs existent pour faire passer l’information publique à travers des avis, communiqués ou même les publications dans le Journal officiel. Ce dernier est facile d’accès pour le citoyen sur Internet ou dans les locaux du Secrétariat général du gouvernement.

Le mal des réseaux sociaux

L’avènement des réseaux sociaux a révolutionné la diffusion et le partage de l’information dans notre pays. A tel point que le malien ne discerne plus le cadre privé du public. Tout document qui tombe sous la main est immédiatement diffusé sur l’espace virtuel afin de susciter des débats houleux entre internautes. L’administration malienne est, pour ainsi dire, trouée de toutes parts : tout y échappe, même les dossiers les plus secrets.

Pourtant, le citoyen lambda ne peut pas s’infiltrer dans les locaux administratifs pour y soustraire des documents confidentiels. Ce sont bien les travailleurs au sein même de l’administration publique qui sont à l’origine de ces nombreuses fuites. Ces documents échappent aux mains de responsables en charge des affaires concernées et à dessein, peut-on dire.

Des sanctions doivent tomber

Le phénomène a pris une ampleur importante. On se souvient d’un discours du premier président de  transition, Bah N’Daw, qui a fuité de la présidence pour se retrouver dans la nature avant l’instant solennel. Beaucoup ont avancé que c’était planifié, car les autorités, face à la montée de la colère populaire, ont dû se rétracter dans l’annonce des mesures anti-Covid-19 prévues.

Pourtant, ce mal doit être combattu. Des dispositions existent d’ailleurs en la matière. Le code d’éthique et de déontologie de l’agent de l’administration publique, en vigueur depuis 2019, astreint l’agent public à l’obligation de respect du secret professionnel, de réserve et de discrétion.

Du moment où l’on connaît le personnel par lequel passe les documents à caractère confidentiel, des sanctions disciplinaires doivent aussitôt tomber pour réprimer et également dissuader d’autres agents publics à perpétuer dans ce manquement à leurs devoirs. L’administration est le cœur d’un État. Quand il est défaillant, toute la République est menacée.

Source : Benbere

MaliwebSociété
Plus rien n’est confidentiel dans l’administration publique malienne. De nombreux documents administratifs, confidentiels, font le tour des réseaux sociaux avant même d’arriver à destination. Les responsables ne sont ni démasqués ni sanctionnés. Une véritable plaie béante de l’administration.   Destinés à un cercle restreint d’acteurs concernés, le citoyen malien lambda voit...