Dans un rapport publié en fin juin dernier, le Fonds des Nations unies pour l’Enfance (UNICEF) s’est inquiété de  la «hausse stupéfiante» des violations graves commises contre les enfants durant les conflits entre 2016 et 2020. Pendant ces cinq années 19 violations graves commises contre des enfants ont été vérifiées en moyenne chaque jour en Afrique de l’ouest et du centre. Ce nouveau rapport est d’ailleurs intitulé «25 ans de travail en faveur des enfants dans les conflits armés : Prendre des mesures pour protéger les enfants en temps de guerre en Afrique de l’ouest et du centre» !

 

Plus de 266 000 violations graves commises contre des enfants par des parties aux conflits dans plus de 30 situations de conflit en Afrique, en Asie, au Moyen-Orient et en Amérique latine fait entre 2005 et 2020 ! Tel est le constat fait par l’Unicef dans un rapport publié en fin juin 2022. «Ce chiffre ne représente qu’une fraction des violations présumées, car les contraintes d’accès et les problèmes de sécurité, entre autres, conjugués au sentiment de honte, de peur et de détresse dont souffrent les enfants et les familles ayant survécu à ces violations, entravent souvent le signalement, le recensement et la vérification des violations graves commises contre les enfants dans les situations de conflit armé», indiquent les rapporteurs.

Selon eux, l’Afrique de l’ouest et du Centre est la région qui compte le 2e plus grand nombre de violations vérifiées depuis 2005, avec plus de 67 000 cas graves vérifiés. Ce qui représente un quart de toutes les violations dans le monde. Dans la région du Sahel central (Burkina Faso, Mali et Niger), les conflits et l’insécurité ont été les principaux facteurs de déplacement des populations, exposant les enfants à un risque accru de violations graves.

Dans ces trois pays, le nombre de violations graves vérifiées a augmenté de 40 % au premier trimestre de 2022 par rapport au dernier trimestre de 2021. Des centaines de civils, dont des enfants, ont été ainsi tués lors de récentes attaques au Burkina Faso et au Mali.

Selon ce rapport, entre 2005 et 2020, plus de 7 600 meurtres ou mutilations d’enfants dans des situations de conflit armé ont été vérifiés ; plus de 42 000 cas de recrutement et d’utilisation d’enfants par des parties à un conflit ont été vérifiés ; au moins 4 800 cas d’enlèvements d’enfants par des parties aux conflits ont été vérifiés ; au moins 8000 enfants ont été violés, mariés contre leur gré ou exploités sexuellement par des parties belligérantes, ou ont subi d’autres formes graves de violence sexuelle. Les Nations Unies ont vérifié plus de 2 500 attaques contre des écoles et des hôpitaux et vérifié pas moins de 1 900 cas de refus d’accorder un accès à l’aide humanitaire aux enfants depuis 2005.

Dans la plupart des zones de conflit de la région de l’Afrique de l’ouest et du centre, les civils continuent d’être pris pour cible. Cela inclut le ciblage délibéré des travailleurs humanitaires qui ont de plus en plus de difficultés à fournir des services et des fournitures de première nécessité aux enfants dans une grande partie du Sahel central ainsi que d’en d’autres zones de la région touchées par le conflit.

Moussa Bolly

Source : Le Matin

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Dans un rapport publié en fin juin dernier, le Fonds des Nations unies pour l’Enfance (UNICEF) s’est inquiété de  la «hausse stupéfiante» des violations graves commises contre les enfants durant les conflits entre 2016 et 2020. Pendant ces cinq années 19 violations graves commises contre des enfants ont été vérifiées...