D’aucuns estiment que le gouvernement a complètement raté la cible de la semaine consacrée à la réconciliation des Maliens. L’idée de réconcilier les Maliens est certes salutaire, mais le gouvernement a péché par amateurisme.

 

Tous les Maliens s’accordent sur le fait que l’initiative de donner l’opportunité aux citoyens de se pardonner est louable, mais les Maliens ont encore le sentiment que le pays a plus besoin de justice. Les douleurs sont vives dans les cœurs meurtris, et le chemin de la restauration de la confiance entre les Maliens reste loin tant que ceux qui sont responsables des dérives ne répondent pas de leurs actes.

Le gros des efforts de la semaine devrait être axé sur les vrais acteurs, les petites gens qui souffrent dans leur corps et leur âme. Sur le plan social, le Mali a encore du chemin à faire pour que certaines communautés réapprennent à vivre ensemble. Mais on se demande comment l’Etat travaille pour toucher ces gens qui ne veulent plus partager le même terroir. Si la semaine de la réconciliation doit servir à quelque chose, elle devra être expliquée aux populations locales. Dans certains villages, il est impossible de prononcer le nom de quelques ethnies.

Force est de constater que la semaine lancée en pompe à Bamako est encore loin de conquérir les cœurs dans les villages. Peu de gens qui ont pris des armes pour tuer leurs voisins ne savent pas encore ce que cherche en réalité Assimi Goïta. Il n’est même pas clair que les communautés rurales sachent réellement que l’Etat a décidé de consacrer toute une semaine pour que le vivre ensemble revienne dans les villages.

En réalité, la semaine de réconciliation qui vient d’être lancée met de côté les protagonistes : les voisins qui se tuent dans les villages. Les miliciens qui défendent leurs villages, les bergers qui craignent la razzia de bétails n’ont pas été au cœur des discours officiels. D’ailleurs, ni le président, ni les ministres n’ont parlé une langue qu’ils comprennent. On espère que le reste de la semaine sera mis à profit pour corriger le tir.

Pour réconcilier les Maliens, il faut aussi des actions, notamment une gouvernance vertueuse. Rien que dans la rue, les Maliens ont le sentiment que la petite corruption entretenue par une poignée de privilégiés est la cause des ressentiments. La transition n’arrive pas à mettre en circulation de simples quittances pour que les citoyens verbalisés pour infractions diverses au code de la route payent à l’Etat ce qui est dû au pouvoir public.

Source : La Sirène

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D’aucuns estiment que le gouvernement a complètement raté la cible de la semaine consacrée à la réconciliation des Maliens. L’idée de réconcilier les Maliens est certes salutaire, mais le gouvernement a péché par amateurisme.   Tous les Maliens s’accordent sur le fait que l’initiative de donner l’opportunité aux citoyens de se...