Avec une campagne agricole 2013-2014 globalement moyenne, l ‘assistance d’urgence et les distributions alimentaires gratuites demeurent nécessaires

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La 9è session du Comité de coordination et de suivi des programmes de sécurité alimentaire (CCSPSA) s’est tenue jeudi dernier dans la salle de conférences de la Direction des finances et du matériel (DFM) du ministère du Développement rural. C’était sous la présidence du Commissaire à la sécurité alimentaire, Cheick Sidiya Diaby en présence de la représentante du Programme alimentaire mondial (PAM), coordonnatrice des donateurs du Programme de restructuration du marché céréalier, du représentant de la FAO au Mali et des services techniques impliqués dans la gestion de la sécurité alimentaire.

Cette session statutaire du Comité de coordination et de suivi des programmes de sécurité alimentaire a examiné la situation alimentaire du pays à la lumière des recommandations formulées par le Système d’alerte précoce (SAP), suite à sa réunion d’expertise provisoire. Elle a aussi analysé et adopté le plan d’opération et le budget 2014 du dispositif de sécurité alimentaire.

La session de 2014 s’est tenue dans un contexte marqué, d’une part, par l’existence de multiples poches d’insécurité alimentaire et nutritionnelle dans bon nombre de communes du pays, et d’autre part dans un environnement où l’espoir renaît par rapport aux trois années successives de crise sécuritaire, alimentaire, humanitaire, nutritionnelle et institutionnelle.

Quand les difficultés alimentaires et économiques s’étalent dans la durée, les besoins des couches les plus vulnérables, prennent des dimensions à multiples facettes et requièrent la solidarité à la fois nationale et internationale. Suite à la gestion des multiples crises alimentaires et humanitaires, les outils du dispositif national de gestion et de prévention des crises alimentaires ont été mis à rude épreuve. Il s’agit du Stock national de sécurité alimentaire (SNS) et du Fonds de sécurité alimentaire (FSA), qui n’ont pu être reconstitués à partir des maigres ressources de l’Etat, malgré les efforts et sacrifices déployés inlassablement par le gouvernement. Tous ces outils nécessitent d’avoir leur niveau optimum pour que soient gérées et prévenues d’éventuelles crises alimentaires et nutritionnelles, a souligné le Commissaire à la Sécurité alimentaire.

La campagne agricole 2013-2014 a été jugée globalement moyenne selon les spécialistes, avec cependant de nombreuses poches de déficit alimentaire. Cette situation demande encore une fois une assistance d’urgence pour 75.490 personnes et des distributions alimentaires gratuites pour 736.746 autres pendant la période de soudure à venir. Il existe également un besoin énorme en renforcement des capacités de résilience des populations vulnérables, et ce dans plus de 160 communes.

Le bétail, par endroits, a aussi souffert de la faiblesse de la  pluviométrie de cette campagne agricole 2013-2014 et de l’impact de l’insécurité civile dans les zones qui étaient sous occupation. Un appui à ce niveau est sollicité, pour soutenir des vaches laitières nourricières des familles des pasteurs et agropasteurs vulnérables.

Par ailleurs, le fonctionnement normal du marché céréalier sera un gage certain pour un approvisionnement régulier des consommateurs. L’évolution des prix laisse apparaître une certaine stabilité des prix des céréales locales,  notamment celui du riz qu’il faut consolider à tous les niveaux. Cheick Sidiya Diaby a convié les gestionnaires des banques de céréales à procéder pendant cette période propice à la reconstitution intégrale des stocks de proximité pour faire face à la période de soudure.

66 marchés suivis. Une importance toute particulière sera accordée aux résultats de l’Audit institutionnel, financier et organisationnel du Dispositif de sécurité alimentaire. La mise en œuvre des recommandations et le Plan opérationnel qui en seront issus, renforceront ce Dispositif. Les principales activités prévues pour le SAP en 2014 sont l’évaluation définitive de la situation alimentaire 2013/2014, le suivi de la situation alimentaire 2014/2015, l’évaluation provisoire de la situation alimentaire 2014/2015 et les enquêtes spécifiques en cas de besoin.

Au cours de l’année 2014, l’Observatoire du marché agricole (OMA) procédera principalement au suivi de 66 marchés en ce qui concerne l’évolution des prix et de la disponibilité des produits alimentaires. Il élaborera et diffusera des bulletins mensuels du marché agricole, des rapports hebdomadaires « Poï Kan Poï », sur l’évolution des prix des céréales et des légumes, des communiqués hebdomadaires, des rapports conjoints et des bulletins de conjonctures. En outre, il procédera à travers les radios de proximité à la diffusion de messages relatifs à l’évolution des prix des produits alimentaires.

L’Office des produits agricoles du Mali (OPAM) dispose d’un fonds pour l’exécution de la mission de service public et d’autres fonds pour les achats et les transferts de céréales, entre autres. A cet égard, un budget de fonctionnement et de sécurité alimentaire est accordé à l’OPAM.

Il faut rappeler que le CCSPSA assure la coordination et le suivi de l’ensemble des activités en matière de sécurité alimentaire. Il est plus particulièrement chargé de veiller à la cohérence des programmes et actions en matière de sécurité alimentaire, de préparer les réunions du Conseil national de sécurité alimentaire (CNSA) et suivre la mise en œuvre de ses décisions. Il suit la mise en œuvre des budgets/ programmes, assure la promotion de la synergie entre les différents acteurs intervenant dans les programmes de sécurité alimentaire et procède à l’évaluation périodique de la situation alimentaire et nutritionnelle des populations. Il examine enfin les rapports de mise en œuvre et d’évaluation des différents programmes du dispositif national de gestion de la sécurité alimentaire.

M. COULIBALY