Au Mali, le travail des enfants est une triste réalité. Pendant que le monde entier se bat contre ce phénomène, certains travaux pénibles sont assignés aux enfants sur des sites d’orpaillage. A Boussa, dans la région de Sikasso, les sensibilisations peinent à faire effet.

 

Bienvenue à Bouassa. Dans cette localité de la commune rurale de Niéna, l’activité favorite de la population est l’orpaillage artisanal. Celle-ci attire adultes et enfants. Ainsi, l’appât du gain rapide fait que certains parents n’hésitent plus à exposer leurs enfants aux multiples dangers liés à l’orpaillage en les autorisant à mener des travaux pénibles.

Selon le maire de la commune rurale de Niéna, Seriba Diallo, le nombre d’enfants travaillant sur les sites d’orpaillage était estimé à plus de 200 entre novembre 2020 et mars 2021. Leur âge varie entre 10 et17 ans. Parmi eux, certains ont abandonné l’école. Quant à d’autres, ils ne s’y rendent que pendant les jours où il n’y a pas de cours.

Éducation menacée

Les enfants qui travaillent dans les mines artisanales sont, pour la plupart, des élèves du primaire. Ainsi, au fur et à mesure qu’ils prennent part à ces activités génératrices de revenu, il y en a qui finissent par se détourner de l’école. Beaucoup d’entre eux sont contraints de mettre un terme à leur scolarité. Tel est le cas de Boubacar Sidibé, âgé de 14 ans, qui, sous la tutelle de son oncle, a quitté les bancs de l’école pour aider ce dernier dans son travail. « J’étais souvent premier ou deuxième de ma classe quand je partais encore à l’école », se rappelle-t-il. Aujourd’hui, le petit Boubacar travaille plus de huit heures par jour et gagne environ 4.000 francs CFA par jour.

Les enfants comme lui sont nombreux sur ce site d’orpaillage, et la plupart exercent des travaux qui vont au-delà de leur capacité physique. Pis, d’autres n’ont pas eu la chance d’être scolarisés en raison des difficultés financières. Tous ces enfants ne sont pas originaires de Bouassa. Certains viennent aussi d’autres localités du pays et de la sous-région. Pour ces derniers, la scolarisation n’est pas une simple affaire, car ils sont en perpétuels déplacements vers divers sites d’orpaillage. Aboubacar Coulibaly, le chef des « ton boloman », un regroupement de personnes qui participent à la sécurisation du site, déclare que plusieurs enfants viennent aider leurs parents lors des congés scolaires. Leurs tâches se résument au transport et au lavage des minerais.

 

Convention foulée au pied

Il est crucial de rappeler que les enfants qui travaillent sur les sites d’orpaillage sont exposés à des dangers. Au décrochage scolaire s’ajoutent des risques sanitaires qu’ils courent lors des activités qu’ils mènent. A Bouassa, la situation est déplorable. On peut signaler l’usage à risque des enfants pour effectuer ces travaux. Boubacar nous témoigne qu’il transporte souvent des poids qui dépassent sa capacité physique.

Pourtant, la convention n° 138 de l’Organisation internationale du travail (OIT) datant de 1973, auquel le Mali a entièrement souscrit, fixe l’âge minimum d’accès à l’emploi à l’âge de fin de scolarité obligatoire. Cet âge, au Mali, est de quinze ans.

En outre, il doit y avoir un équilibre patent entre l’âge et le poids de l’enfant et la durée du travail qu’il exerce. A Bouassa, où tel n’est pas le cas, cette convention est foulée au pied par de nombreuses personnes. Le non-respect de cette convention entraine des conséquences fatales sur la santé des enfants. Boubacar, quant à lui, se plaint : « J’ai des courbatures maintenant. Quand je transporte les sacs, le soir mon cou et les autres parties de mon corps me font très mal ».

Source : Benbere

MaliwebSociété
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