La justice malienne doit vite élucider les circonstances de la mort de l’agresseur du président de transition, le colonel Assimi Goïta, et sur l’agression dont ce dernier a été victime.

 

La démocratie, chèrement acquise en 1991, est en train de nous échapper. Et pire encore, rien n’est entrepris par les acteurs dits « démocratiques » pour limiter les dégâts.

Il y a près de huit ans, en 2012, certains maliens avaient décidé de s’en prendre physiquement au chef de l’État, Dioncounda Traoré. Ils l’ont atteint, blessé et laissé pour mort à la présidence de la République.

Ce jour-là, la République s’est couchée devant l’ennemi et les services de sécurité ont pris un coup fatal. L’image du Mali a été écornée par cette tentative d’assassinat, car c’en était une. Le professeur Dioncounda Traoré était tiré d’affaire avec une évacuation sanitaire en France.

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Cette attaque, en 2012, peut facilement expliquer la tentative d’assassinat contre l’actuel président de transition, le colonel Assimi Goïta. En effet, lors de son retour de la France, Dioncounda Traoré avait pardonné à ses agresseurs qui étaient facilement identifiables sur les images de « l’assaut de Koulouba ». Cette excuse présidentielle a été accompagnée par l’extinction de l’action publique dans l’affaire.

Le mardi 20 juillet 2021, jour de la fête de Tabaski, le colonel Goïta a échappé à une tentative d’assassinat au sein de la grande mosquée de Bamako. L’agresseur a été appréhendé. Mais, s’il a échappé à un lynchage public à la mosquée, il n’a pas duré en détention. En effet, après l’ouverture d’une enquête par le procureur de la République près le tribunal de grande instance de la commune-II pour « atteinte à la sûreté de l’État et tentative d’assassinat », l’agresseur est décédé. Le gouvernement a annoncé ce décès, le dimanche 25 juillet, six jours après son arrestation. Les conditions de son décès ne sont pas encore connues. Les autorités ont ordonné une autopsie.

Mort suspecte

Cette mort curieuse et pour le moins « suspecte » complique davantage la compréhension de cette affaire rocambolesque. Beaucoup de questions demeurent sans réponses avec une communication désastreuse du gouvernement autour de l’affaire.

Cette affaire révèle au grand jour la fébrilité au sommet de l’État malien. Aussi, l’état de la justice qui reste le talon d’Achille de cette non gouvernance observée depuis plus d’une décennie.

L’état de la justice malienne est peu reluisant et presque inquiétant. On assiste à un effacement des juges devant les hommes en arme.

Après l’affaire dite de « déstabilisation des institutions de la République » où la justice malienne a pu donner une lueur d’espoir en refusant le joug des maîtres du jour et en disant le droit, la justice est encore attendue pour qu’elle puisse faire éclater la vérité dans cette affaire. Mais surtout élucider les circonstances de la mort de l’agresseur du président de la Transition, le colonel Assimi Goïta.

Il est temps dans notre pays qu’on laisse la justice faire son travail en toute indépendance. Dans un État de droit, on doit tout faire pour assurer une justice équitable au citoyen, fut-il agresseur ou pas d’un chef de l’État.

Source : Benbere

MaliwebSociété
La justice malienne doit vite élucider les circonstances de la mort de l’agresseur du président de transition, le colonel Assimi Goïta, et sur l’agression dont ce dernier a été victime.   La démocratie, chèrement acquise en 1991, est en train de nous échapper. Et pire encore, rien n’est entrepris par les...