Après l’élimination de son équipe au cours de la Coupe du monde en Australie, une basketteuse malienne a agressé l’une de ses co-équipières, à quelques pas des caméras.

Ceux qui promeuvent le sport comme vecteur du fairplay et ferment de la sociabilisation avalent leur salive de travers quand ils entendent les échos du football actuel, entre chantage à la sextape et tentative de maraboutage de coéquipiers. Les candides devaient-ils alors miser sur la féminisation de plus en plus médiatisée de ladite discipline ? La bulle sportive féminine ne semble guère plus encourageante si l’on considère les présumées agressions à la barre de fer entre footballeuses de la même équipe.

Les naïfs les plus indécrottables pourraient étiqueter les dérives sur le front du sport-roi ou brandir la virginité des disciplines telles que pratiquées en Afrique. À l’exception près qu’une enquête vient d’être ouverte sur le Mali par l’instance dirigeante mondiale du basket-ball

Coups de poing

La 19e édition du Championnat du monde féminin de basket-ball, qui se déroule en Australie, ne s’est pas encore achevée, que le Mali est déjà éliminé du tournoi, après quatre défaites contre le Japon, l’Australie, la France et la Serbie. Dans le sillage de cette participation pour le moins frustrante, c’est un happening extra-sportif que retiennent les observateurs. Après leur quatrième match raté, des basketteuses maliennes se reprochaient manifestement le mauvais score, c’est alors que Salimatou Kourouma a été vue en train d’asséner au moins trois coups de poing à Kamite Elisabeth Dabou…

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Si l’image a été captée – elle ne révèle que la fin de la scène –, c’est que les sportives se trouvaient dans la zone mixte de l’Olympic Park Sports Center, où les télévisions interviewent les joueuses. C’est une chaîne serbe qui a filmé l’altercation, distraite de l’entretien qu’elle menait avec la basketteuse, serbe elle aussi, Sasa Cado, manifestement choquée par le spectacle en coulisses. Encore du linge sale lavé en vidéo virale…

Rapidement, des personnes sont intervenues pour mettre fin à la bagarre, mais l’incident a suscité ettecenquête de la Fédération internationale de basket-ball (Fiba), dont le président se trouve être… le Malien Hamane Niang. L’instance n’exclut pas « toute mesure disciplinaire applicable ».

« Dinguerie »

L’incident ne devrait pas améliorer l’image du basket-ball malien, qui ne participait au tournoi de Sydney que parce que le Nigeria en avait été retiré par son gouvernement en raison de problèmes nationaux. D’autant plus qu’au Mali, cette pratique sportive ne rencontre pas que des encombres collectifs aux performances et des accès de violence individuels. En 2021, un rapport commandé par la Fiba dénonçait des « décennies » d’abus sexuels dans le sport féminin du pays.

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Pour faire bonne mesure, prenant Dieu à témoin, la meneuse de l’équipe malienne, Touty Gandega, a tweeté que la sélection tenait à s’« excuser auprès du peuple malien et du peuple africain » pour la « dinguerie » des « petites » au tournoi de Sydney, avant d’annoncer, le lendemain, sa retraite internationale.

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