La signature en faveur du Horoya, la double confrontation à venir en Ligue des champions d’Afrique avec son ancien club le Stade malien, sa non-sélection en équipe nationale : tels sont, entre autres, les sujets abordés dans cette interview par l’arrière-latéral qui a posé ses valises chez les Rouges-Blancs de Conakry, il y a quelques mois

 

L’Essor : Vous êtes au Horoya AC de Guinée depuis quelques mois. Comment vous vous sentez en Guinée ?

Issaka Samaké : Je suis très heureux d’avoir signé au Horoya et je me sens très bien dans ce club. Je suis bien logé, on me traite bien, c’est comme si je suis au Mali. Alhamdoulilah, tout se passe bien et je prie Dieu pour que ça continue. Je me rappelle, le jour de mon arrivée à Conakry, le dimanche 25 juillet, à l’Aéroport international Gbéssia, il y avait un comité d’accueil du Horoya pour m’accueillir.

Il y avait même un policier pour m’aider avec les formalités et il s’est occupé de moi, il y avait également la presse guinéenne notamment CIS TV, la télévision du patron du Horoya, Mamadou Antonio Souaré. Il y avait aussi les supporters du club, tout cela m’a fait chaud au cœur et je tiens à les remercier pour cet accueil inoubliable. Durant le trajet, de l’aéroport au siège du club, les gens scandaient mon prénom, je n’oublierai jamais ça. Je dis merci à la population de Guinée pour cet amour à mon égard.

L’Essor : Déjà tous les regards sont tournés vers le prochain match de Ligue des champions du Horoya et le choc avec le Stade malien, dont vous avez porté le brassard de capitaine pendant plusieurs années. Comment voyez-vous cette rencontre ?

Issaka Samaké : Je voudrais d’abord saluer tous les supporters du Stade malien, les dirigeants et mes anciens coéquipiers. Ce sera une grande rencontre qui va se jouer du début à la fin. Les rencontres Stade malien-Horoya ont toujours été difficiles mais c’est Horoya qui arrive toujours à prendre le dessus. Cette année, les deux équipes visent le Top 16, mon club actuel est un habitué de la phase des poules de la Ligue des champions contrairement à mon ancien club qui cherche à entrer dans le Top 16.

En tout cas, nous partons à Bamako très confiants et, surtout pour faire un bon résultat et négocier la manche retour. Notre objectif principal est la qualification à la phase de poules et aller le plus loin possible dans la compétition. Je pense que nous avons les moyens pour y parvenir.

L’Essor : Selon vous, quelles peuvent être les clés de cette double confrontation dont l’enjeu est la qualification à la phase de poules ?

Issaka Samaké : Pour moi, l’équipe qui marquera la première aura beaucoup de chance de l’emporter. Nous avons beaucoup travaillé sur ce match et je m’attends à une rencontre difficile car le Stade malien a également dû se préparer pour ça. Si la CAF accepte la demande du Stade malien à faire entrer 50% des supporters au stade, cela peut être un avantage pour les Blancs car nous, nous serons orphelins de nos supporters à l’aller comme au retour.

L’Essor : On vous voyait signer dans un club européen, mais finalement vous avez choisi le Horoya. Qu’est-ce qui a motivé ce choix ?

Issaka Samaké : J’ai beaucoup apprécié le projet du club, j’avais plusieurs propositions notamment avec d’autres clubs de Guinée. Après plusieurs mois de réflexion avec ma famille, nous avons opté pour le Horoya, un grand club. Le projet du club m’a motivé à signer. Je ne regrette rien au contraire, je suis à l’aise ici et j’ai eu la chance de retrouver au club deux de mes compatriotes, à savoir Salif Coulibaly et Boubacar Samassékou.

L’Essor : Vous sortez d’une grande saison avec le Stade malien qui a réalisé le doublé Coupe-Championnat. Pourtant, vous n’avez pas été sélectionnés en équipe nationale pour les éliminatoires de la Coupe du monde. Êtes-vous déçu ?

Issaka Samaké : Je suis un peu déçu, mais je ne peux rien dire sur ça car c’est le choix de l’entraîneur national, Mohamed Magassouba. J’ai été convoqué lors de la cinquième journée des éliminatoires de la CAN, Cameroun 2021 contre la Guinée (0-1), mais cette fois, il n’a pas jugé nécessaire de m’appeler.

S’il ne m’a pas sélectionné cette fois, ça veut dire qu’il n’a tout simplement pas besoin de moi en ce moment. Il n’y a aucun problème entre moi et coach Magassouba et je sais que je peux être appelé à tout moment. Je reste de cœur avec mes coéquipiers de la sélection nationale qui viennent de réaliser deux grandes performances.

L’Essor : Justement, quels commentaires vous inspire la double victoire contre le Kenya, battu 5-0 au Maroc puis défait 1-0 devant son public ? Comment voyez-vous la suite des événements pour les Aigles ?

Issaka Samaké : Ils font une très bonne campagne pour le moment. Je veux qu’ils continuent sur cette lancée pour le bonheur des Maliens qui rêvent de voir notre pays au Mondial l’année prochaine. Nous avons eu la chance d’avoir un bon groupe pétri de talent et qui rêve d’aller le plus loin possible dans cette campagne de la Coupe du monde. Je souhaite bonne chance à l’équipe pour cette année. Je pense très sincèrement que le Mali mérite d’être au Qatar. Je crois en cette équipe et je demande aux Maliens de soutenir et d’accompagner les joueurs.

L’Essor : Le Sénégal et le Maroc ont validé leurs tickets et toutes les autres grosses pointures sont en bonne position pour se qualifier pour les barrages. Entre autres on peut citer l’Algérie, la Côte d’Ivoire, le Nigeria, l’égypte. Si le Mali se qualifie, lequel de ces pays souhaiteriez-vous pour les Aigles ?

Issaka Samaké : À vrai dire, aucun de ces pays, mais comme on n’a pas le choix, je préfère l’Égypte parce que le Mali sait jouer les équipes arabes. Si on arrive à se qualifier pour les barrages, je souhaite que les Aigles rencontre l’équipe de Mohamed Salah, nous avons plus de chance de battre l’égypte que le Nigeria ou la Côte d’Ivoire.

Mais il va falloir que la Fédération malienne de football mette en place une bonne politique pour permettre à l’équipe d’effectuer des stages de préparation dignes de ce nom. L’équipe doit également corriger certaines lacunes pour préserver toutes ses chances de qualification.

L’Essor : Avez-vous un message pour le public sportif malien ?
Issaka Samaké : 
J’ai un grand message pour le public sportif malien à commencer par le Stade malien. J’ai appris beaucoup de choses dans cette équipe, je dois tout à cette équipe. Mais samedi, je vais jouer sans état d’âme contre mon ancien club, c’est la volonté de Dieu et ça fait partie du football. Je demande aux supporters stadistes de comprendre la situation.

Ensuite, je lance un message à l’endroit des supporters maliens à soutenir les équipes nationales afin qu’elles puissent obtenir des victoires pour le Mali. Je souhaite la paix dans mon pays et dans tous les pays africains. Que tous les fils et toutes les filles du Mali travaillent ensemble pour le bonheur du pays. Que Dieu bénisse le Mali et la Guinée !

Interview réalisée par
Djènèba BAGAYOKO

Source : L’ESSOR

MaliwebSports
La signature en faveur du Horoya, la double confrontation à venir en Ligue des champions d’Afrique avec son ancien club le Stade malien, sa non-sélection en équipe nationale : tels sont, entre autres, les sujets abordés dans cette interview par l’arrière-latéral qui a posé ses valises chez les Rouges-Blancs...